Adoption du PLH

Monsieur le Maire, après avoir été soumis à notre examen lors du Conseil de novembre, le Programme local pour l’habitat sur lequel nous devons définitivement nous prononcer aujourd’hui demeure pour le Groupe UMPPA auquel j’appartiens, inapte à résoudre la profonde crise du logement qui sévit à Paris.

Une crise du logement qui reste le point noir de vos dix années de mandature. Votre politique en la matière ne convainc pas et est fortement critiquée par 74% des Parisiens, dans un des derniers sondages publiés par le JDD en mars dernier.

Ainsi que Jean-François Lamour le soulignait,  lors de l’examen de la nouvelle convention de délégation d’aides à la pierre, les élus UMPPA ne pourront prendre la responsabilité de soutenir pour les cinq prochaines années une politique partiale, qui laisse tant de Parisiens au bord de la route et constitue une grave erreur stratégique pour l’avenir de la capitale.

Car oui, Monsieur le Maire, vous pratiquez une politique d’exclusion. Et la liste des exclus s’allonge au fil des années :

–         les classes moyennes, d’abord. La réalité aujourd’hui, c’est qu’un couple avec deux enfants aux revenus moyens, selon les critères de l’INSEE, c’est-à-dire pour un revenu mensuel autour de 4.000 euros, que ce soient des enseignants, des employés, des agents de la Ville, ceux qui servent la Capitale, qui y travaillent, qui en font sa diversité et sa mixité, et bien ces personnes ne sont plus prioritaires dans l’accès au logement social. Et ces gens là qui sont tout sauf des CSP+, ils ne s’en sortent plus financièrement et sont contraints de quitter la capitale pour la banlieue. Voilà la réalité !

Je me souviens des engagements des socialistes, ceux de Bertrand Delanoë en 2008, dont la presse s’était fait largement l’écho, où il disait « je ferai plus de logements pour les classes moyennes ». Résultat, tous les anciens PLI sont déconventionnés et nous ne disposons plus de logements intermédiaires pour loger des familles d’employés ou d’ouvriers qui en ont besoin.

Dans le 9e par exemple, on constate une implantation des logements sociaux PLUS et très sociaux PLAI, bien supérieure à la moyenne d’autres arrondissements. La logique actuelle n’attire pas et surtout ne retient pas les classes moyennes dans l’arrondissement.

–         les familles ensuite, car le PLH soumis à notre débat ne propose de réserver que 35% des logements pour les quatre pièces et plus, alors que la part des ménages de 3 à 4 personnes ne cesse de croître parmi les demandeurs (plus de 27% en 2009 selon une étude de l’APUR).

–         Les seniors, souvent seuls et qui n’arrivent plus physiquement à se maintenir dans leur domicile mais qui aspirent, plus que tout, à rester dans leur quartier quittent Paris, parce que les places en EPHAD sont insuffisantes – seules 800 places sont prévues dans le PLH.

Je considère que le logement social se doit de répondre à la demande d’un large éventail de la population et de parvenir à un meilleur équilibre de peuplement pour que la mixité sociale soit vraiment respectée.

Mois après mois, préemption après préemption, votre politique détruit le fragile équilibre urbain entre logement privé et logement social portant entrave à toute diversité de l’offre. Regardez ce qui se passe dans le 13e ou le 19e, où le seuil imposé par la loi SRU de 20% de logements sociaux, est largement dépassé à plus de 35%.

A tout cela s’ajoute l’image dégradée du logement HLM, marquée par les problèmes de vie quotidienne. Et vous n’êtes pas sans savoir que les habitants sont de plus en plus nombreux à subir au quotidien des incivilités et des nuisances en termes de sécurité notamment.

A aucun moment dans ce PLH, vous ne prenez pas en compte la dégradation de leur environnement, le mauvais état d’entretien des immeubles de la Ville. Votre priorité devrait être d’assurer un cadre de vie décent pour les locataires. Il ne s’agit pas de faire du chiffre mais de la qualité.

Et quid des équipements de proximité qui doivent accompagner les programmes de logements ?

Vous le voyez, la liste des exclus est bien longue, sans compter les 120.000 demandeurs qui frappent à la porte du logement social.

En dix ans, vous avez fait du logement la première préoccupation des Parisiens.

Le Groupe UMPPA avait émis de nombreuses propositions lors des débats de novembre, nous déplorons de ne pas avoir été entendus et voterons en toute cohérence contre ce projet.