Alerte rouge sur la pollution de l’air à Paris

Vue sur les toits du 9e
Vue sur la pollution de l’air à Paris depuis les toits du 9e, le samedi 15 mars 2014.

Depuis quelques jours, Paris vit un nouvel épisode très intense de pollution aux particules fines, à tel point qu’une plainte a même été déposée contre X pour « mise en danger de la vie d’autrui ».
Alors que la municipalité sortante se veut à la pointe de la lutte contre la pollution, la météo balaye toutes les campagnes de communication et apporte la preuve éclatante à tous les Parisiens qu’après treize ans de mandat socialiste, nous sommes toujours au même point.

Il est désormais démontré que l’exposition aux particules fines réduit l’espérance de vie des Parisiens de six mois en moyenne et qu’année après année la qualité de l’air se détériore. La candidate socialiste ne trouve rien d’autre à dire ou à faire que d’oser affirmer, sans peur du ridicule, que Paris a été « efficace dans la lutte contre la pollution ».

Si l’équipe sortante s’était vraiment investie dans la lutte contre la pollution, comment expliquer que les bus soient encore diesel ? Qu’on ne compte qu’une cinquantaine de bus hybrides à Paris, quand on en compte 400 à Londres ? En 2016, 20% des bus seront hybrides à Londres. A Paris, à peine 10%. Et pas plus tard qu’en 2013, juste avant le début de la campagne électorale, l’adjoint en charge des transports et l’adjoint en charge des finances de la ville votaient pour l’achat de nouveaux bus diesel.

Face au pic de pollution, l’équipe sortante nous sort son lot de mesures cosmétiques, en apparence sympathiques mais en réalité complètement inutiles voire contreproductives : quel est l’intérêt de rendre Vélib gratuit, si ce n’est pour offrir aux Parisiens un concentré de particules fines derrière les pots d’échappement des bus diesel de la ville. Nous proposons au contraire de faire de la petite ceinture une boucle cycliste de plus de 30 km en plein Paris.

De plus, pourquoi Paris n’a-t-il jamais créé de zone d’action prioritaire pour la qualité de l’air (ZAPA), un outil pourtant à disposition du maire ? Nous proposons de l’actionner au plus vite, pour interdire l’accès à Paris aux poids lourds et cars de tourisme les plus polluants, de manière progressive : interdiction des normes inférieures à Euro V à partir de 2017, et à Euro VI à partir de 2020. Qui peut dire que cet outil n’est pas efficace, quand on sait par exemple que durant l’été on compte à Paris jusqu’à 2000 cars de tourisme par jour ?

Le retard accumulé pour faire de Paris une ville propre constitue une véritable faute. Il est temps que la compétence reprenne le pas sur la communication.

La circulation alternée décidée par le premier ministre arrive bien trop tard et reste une mesure palliative. Après une semaine de pic, après treize années d’échec en matière de réduction de la pollution, ce n’est pas la circulation qu’il faut alterner, c’est l’équipe municipale.