Cession de l’immeuble communal du 21 rue Blanche

C’est non sans un certain étonnement que j’ai découvert la semaine dernière ce projet de délibération, qui vise à vendre un des joyaux du 9e arrondissement, l’immeuble du 21, rue Blanche, qui abrite un hôtel particulier et un jardin, au passage, l’un des rares espaces verts de l’arrondissement, et dont la Ville est propriétaire depuis 1968.

Je regrette à la fois le procédé employé par le maire de Paris, de se défaire d’un bien immobilier important et qui aurait pu être utilement affecté aux Parisiens, et plus grave encore regrette que la Ville ait choisi de le brader à 5 millions d’euros.

Sur la décision du Maire de se séparer de ce bien, j’avoue ne pas en comprendre les raisons : cet immeuble constitue un bel ouvrage dans le 9e arrondissement, il a abrité pendant près de 50 ans la célèbre école de théâtre dite de la rue Blanche, et la façade est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques. Je suis d’autant plus surprise que la Mairie nous a promis pendant des années monts et merveilles pour l’affectation de cet immeuble. Encore lors de la campagne municipale de 2008, vous aviez promis aux Parisiens d’y installer un bel équipement public, voire des logements, lorsque de mon côté je proposais aux habitants du 9e l’ouverture au public d’une fondation pour l’art contemporain, une « villa médicis » ouverte à tous les arts, dans cet arrondissement qui reste le cœur de l’activité artistique de Paris, en donnant accès libre au jardin.

Les arguments en faveur de cette décision que j’ai entendus lors du dernier conseil du 9e arrondissement de la part de l’exécutif municipal, qui laisserait la possibilité au Maire d’influer sur la destination de l’immeuble voire d’imposer vos volontés n’ont bien sur aucun fondement juridique et ne m’ont pas convaincu.

Autre problème et non des moindres, le prix de la transaction, à hauteur de 5,2 millions d’euros, sur lequel vous vous êtes mis d’accord avec le promoteur, est pour le moins décevant pour les Parisiens, quand on connaît l’explosion des prix de l’immobilier dans Paris, et en particulier dans cet arrondissement.

Je me suis prêté, avec l’aide des instruments mis en place par les Notaires de Paris, à une estimation de ce bien. Avec 1.105 m² de surface utile, et 10.000 euros au m² estimés pour le secteur Notre-Dame de Lorette, Blanche, Martyrs, au 4e trimestre 2010, on arrive à un prix de marché théorique de 11 millions d’euros pour ce bien. Mais vous me direz, ce prix ne tient pas compte de l’état de délabrement de l’immeuble, un état que France Domaines a du prendre en compte dans son estimation.

Mais alors devant la dégradation de l’immeuble, des questions se posent : comment en est-on arrivé à cette situation de délabrement ? Comment le Maire de Paris a pu laisser un élément de son patrimoine devenir comme il l’est aujourd’hui ? Pourquoi aucun travaux de réhabilitation n’a été engagé depuis dix ans ? Et pourquoi n’est-on jamais passé des discours aux actes ?

La réponse est en partie dévoilée par l’exposé des motifs, puisqu’il est mentionné qu’un squat de cet immeuble de près de deux ans aurait retardé, pour dire les choses poliment, les projets de la Ville.

Ce que le projet de délibération ne dit pas, c’est que vous avez légalisé ce squat en 2001 en prenant la décision de suspendre l’ordonnance d’expulsion du Tribunal. Et vous avez laissé perdurer une situation intolérable pendant près de deux années, pendant lesquelles les riverains de la rue Blanche et du 34, rue de Clichy, ont subi des nuisances inacceptables

Au final, combien ce squat aura coûté au final aux contribuables parisiens ?

D’une certaine manière, la réponse nous l’avons aujourd’hui, puisqu’en vendant ce bien dans cet état aujourd’hui, la Ville a un manque à gagner de 6 millions d’euros.

En 2003, la Ville a récupéré un immeuble dans un triste état et depuis cette date, vous n’en avez rien fait, et ce bâtiment a été laissé à l’abandon. C’est une drôle de gestion du patrimoine de la Ville, vous en conviendrez.

C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur cette délibération, qui montre du doigt une gestion financière peu scrupuleuse des deniers publics et une absence de politique de préservation du patrimoine de la Ville. On comprend mieux ainsi où passe l’augmentation de nos impôts.

Pour un état des lieux des conditions de travail des directeurs de crèches

Jean-François Lamour, ancien ministre, député de Paris et président du groupe UMPPA au Conseil de Paris, les conseillers UMP de Paris anciens membres de la mission d’information et d’évaluation sur la petite enfance à Paris – Delphine Bürkli, Anne-Constance Onghéna, Martine Merigot de Treigny, David Alphand, Hervé Benessiano et Jean-Baptiste Menguy, conseiller de Paris du 15e arrondissement, souhaiteraient que le maire de Paris Bertrand Delanoë et son adjoint en charge de la petite enfance, Christophe Najdovski, dressent un état des lieux des conditions de travail des directeurs de crèches, lors du Conseil de Paris du 7 février prochain.

Il faut entendre le malaise des directeurs face à la lourdeur de leurs obligations  administratives qu’ils estiment nuire à l’exercice de leur mission principale – l’accueil des enfants. Ce malaise reflète celui, plus profond encore, de l’ensemble des  personnels des crèches parisiennes, dont les conclusions de la mission d’information sur la petite enfance avaient déjà pointé les dysfonctionnements.

Jean-François Lamour estime qu’il serait utile d’étudier la possibilité d’un pool de remplacement permanent de leurs personnels, eu égard à la gestion à flux tendu à laquelle ils font face chaque jour – possibilité qui fait d’ailleurs l’objet d’une disposition dans sa proposition de loi sur la petite enfance.

L’accompagnement de l’évolution du métier de directeur de crèche doit être une priorité de l’Exécutif municipal car il en va du bien-être des familles parisiennes et d’une offre de garde de qualité.

Jean-François Lamour et les anciens membres UMP de la mission d’information sur la petite enfance à Paris recevront prochainement l’intersyndicale des directeurs de crèches.