Intervention sur le Plan de Déplacement Urbain de la Région IDF

Je me félicite d’abord que vous ayez accepté d’organiser un débat, à la demande du groupe UMP, sur le plan de déplacement urbain d’Ile de France, qui est, avec le schéma directeur régional, un outil incontestablement clé d’aménagement du territoire francilien qui aura des conséquences sur le quotidien des parisiens.

Pour nous, c’est un débat fondamental auquel nous voulons contribuer de façon constructive vers un objectif partagé de lutte contre la pollution et d’usage plus raisonné de la voiture et des deux roues, un objectif qui ne peut être réalisé que s’il est compris et légitimement partagé par les populations donc démocratiquement accepté.

En ce sens, le PDU qui nous est proposé et l’avis qui nous est soumis ne fait pas  assez preuve de pédagogie et manque d’ambitions et d’audace, puisqu’il ne crée pas les conditions d’un débat apaisé. Il s’agit ici une fois de plus de diviser les parisiens et les franciliens,  de les éloigner plutôt que de les rassembler dans l’idée – et il y a urgence – que notre Région et Paris doivent engager une véritable  révolution urbaine, sortir de l’égoïsme pour mieux vivre ensemble, en développant un Grand Paris tourné vers l’innovation, fortement créateur d’emplois, un territoire écologique et moderne qui aime et aide l’entreprise, et une ville qui partage mieux son espace au bénéfice d’abord des parisiens.

Sur ce dernier point précisément, pratiquement rien n’est évoqué dans le PDU ou dans votre avis sur le développement des zones de rencontres ou sur l’évolution du concept de rues jardins que je considère comme des éléments structurants pour promouvoir une ville réconciliée et conviviale.

Car, lutter contre la pollution, c’est aussi repenser les lieux de circulation, de fréquentation que constituent nos rues et nos grandes artères  et la seule limitation de vitesse à 30 km/h des grands boulevards ou bien du boulevard périphérique à 70 km/h que vous proposez ne répond pas au « mieux vivre ensemble », à cette exigence de plus en plus forte, que nous constatons dans nos quartiers – plus encore aujourd’hui qu’hier – de tisser des liens entre les habitants.

Avec le concept de la  « rue jardin »  ou de zones de rencontres, que vous occultez dans votre avis, c’est l’utilisation de matériaux nobles, la création de surfaces perméables, la prise en compte de la gestion des eaux pluviales et l’insertion de lien social.  Avec une circulation apaisée, un revêtement de la chaussée adapté, une végétation omniprésente, les quartiers, à l’exemple de ce qui se fait à Bordeaux, le développement de ces concepts de convivialité ont l’avantage de proposer un partage de la voirie équitable et sécuritaire de tous les usagers et sont un moyen réel pour dynamiser le commerce de proximité qui constitue l’âme de nos villes, le lien social au « vivre ensemble » auquel nous sommes attachés. Et Paris se doit d’oser ce type de corridor écologique.

Pour réduire la part modale de la voiture dans les modes de déplacements, le PDU doit se fixer également des objectifs beaucoup plus ambitieux. Car, si l’on veut pouvoir proposer une véritable alternative à l’utilisation de la voiture particulière, il faut d’abord augmenter la fréquence des bus, améliorer l’accessibilité et la sécurité du métro, et engager une refonte complète de nos pôles multimodaux. Aucune proposition dans ce PDU pour repenser les gares comme de réels lieux de vie et non pas comme de simples salles d’échanges entre plusieurs modes de transports. Or, le travail exercé sur les gares du Grand Paris Express doit aussi être mis en place pour les gares existantes intra-muros. Prenons l’exemple de la gare RER d’Auber, inauguré en 1971, qui n’est plus du tout adapté aux attentes des parisiens et des franciliens. Ce pôle comme l’ensemble des pôles parisiens doit être requalifié pour redonner vie à ces sous-sols et tunnels, à l’exemple de la ville souterraine de Montréal, avec l’implantation de nouveaux services aux horaires adaptés, à la disposition des usagers : commerces de bouche, services d’aide à la personne, services postaux, bancaires, office du tourisme, etc.

De plus, au même titre que l’autolib, l’autopartage ou le covoiturage, les taxis doivent se positionner comme une véritable offre de transport alternative à la voiture particulière. Sur ce point, ni  le PDU, ni vos propositions ne se positionnent clairement sur le devenir des taxis parisiens et franciliens. Or, force est de constater, pour dire les choses clairement, que le dispositif des taxis franciliens si on le compare à d’autres  exemples étrangers, ne marche pas… Les usagers, qu’ils soient professionnels ou touristes ne peuvent plus attendre 15 à 20 minutes au bord d’un axe circulé pour bénéficier de ce service. La Mairie de Paris doit amplifier le dialogue avec les professionnels du secteur et la Préfecture,  pour qu’à toute heure de la journée et de la nuit et surtout sans réservation, cette forme de transports à la demande soit disponible en moins de 5 minutes dans l’hyper-centre.

Enfin limiter la place de la voiture dans Paris, c’est aussi agir sur les conditions d’accès au parking résidentiel.

Les parcs de stationnement, souvent comparés à des aspirateurs à voitures, ne sont pas considérés par la Municipalité comme un outil au développement économique de nos quartiers. Vous empêchez d’ailleurs depuis dix ans toute nouvelle construction de parking public. Or, à l’heure où nous débattons êtes-vous en mesure de dresser un bilan du stationnement mais aussi de la circulation induite par la recherche de stationnement et même plus de la pollution générée par cette action ? Les emplacements de stationnement de surface sont trop souvent squattés par des voitures ventouse restant stationnés la journée entière, voire la semaine ou plus. La libération de ces emprises passe par la construction de parkings résidentiels à tarif avantageux. Une fois ces espaces libres ils pourront être bénéfiques aussi bien aux commerces sur certaines zones nécessitant du stationnement rotatif, qu’aux usagers plus vulnérables par l’augmentation de la largeur des trottoirs ou encore aux aménagements des voitures électriques qui doivent être encouragés par la Ville. Bref, à l’embellissement de nos rues.

Voilà les quelques remarques sur le PDU et sur votre avis que nous ne sommes pas en mesure de voter en l’état. Pas assez de pédagogie pour répondre aux préoccupations des concitoyens et des réformes proposées qui ne sont pas à la hauteur des défis lancées par la concurrence des autres grandes métropoles mondiales.

Conseil de Paris du 12 novembre 2012

Débat sur la charte relative à la téléphonie mobile prise entre la Ville et les 4 opérateurs

A première vue, votre projet, dans sa formulation, apparaît équilibré entre le souci de développer l’économie numérique et le maintien de la qualité du cadre de vie des Parisiens. Et puis, à y regarder de plus près, on se rend assez vite compte que si cette charte constitue un progrès, c’est d’abord au bénéfice des opérateurs de téléphonie mobile et en aucun cas pour les Parisiens.

Là encore, nous sommes devant une contradiction entre le discours qui se veut protecteur des habitants et vos réelles décisions dictées par des intérêts financiers pour remplir les caisses de la Ville.

Et pourtant, vous vous félicitez de réunir régulièrement des panels de citoyen – ça fait en effet très démocratie directe – mais est-ce que vous écoutez pour autant ce qu’ils ont à vous dire ?

Exemple : Où sont, dans le document que vous nous soumettez, les propositions qui avaient été émises par le panel des citoyens le 18 juin 2009 au cours de la « conférence parisienne ondes, santé, société » qui s’était réuni à votre initiative? J’en rappelle les conclusions :

Premièrement, la nécessité de mutualiser les antennes, pour qu’il n’y ait qu’un seul réseau et non pas 4 comme c’est le cas aujourd’hui. L’idée étant de réduire le nombre d’antennes et donc l’exposition des habitants,

Deuxièmement, la reconnaissance et le suivi des personnes électro-sensibles, pour que des mesures adaptées soient prises en leur faveur. Quand on se targue matin, midi et soir de faire du social, rien ne fait allusion à ces personnes dans ce projet, ce que je regrette.

Enfin, troisième proposition, l’abaissement du seuil maximum à 0,6V/m. Une proposition reprise par un vœu voté en 2010 par notre Assemblée à la quasi-unanimité. C’était il y a à peine deux ans …

De toutes ces conclusions, aucune ne figure dans ce projet de charte, ce que j’avoue ne pas bien comprendre.

Rien n’est non plus proposé dans votre charte pour travailler sur les quelques points les plus exposés dans la Ville afin d’y réduire les risques pour le public, alors que cela serait pour le coup une avancée concrète pour les parisiens. Le seuil de 5V/m pour la 3G n’a rien de contraignant pour les opérateurs, c’est au contraire le symptôme que cette charte a bien été rédigée pour eux, et pas pour les habitants de cette ville, pour protéger les intérêts des opérateurs et non pas pour protéger les habitants de Paris des risques encourus par les antennes-relais.

Des associations vous ont d’ailleurs demandé le retrait de certaines antennes (une poignée seulement sur les 2.353 antennes que compte Paris) qui ont été implantées cette année en passant outre toute concertation ou en ne tenant pas compte du refus de la mairie d’arrondissement, comme au 173, rue Marcadet dans le 18e, où un vœu a été voté par mon collègue Pierre-Yves Bournazel et le groupe Verts. Que leur répondez-vous ?

A propos du rôle des associations d’ailleurs, on apprend en page 10 de votre document que celles qui siègeront dans la prochaine Commission de concertation de téléphonie seront sélectionnées par le Maire de Paris … ce qui révèle une forte intention de votre part de verrouiller la concertation et de rester entre vous… Je regrette que sur des sujets aussi sensibles aucun représentant de conseil de quartier concerné, aucun élu d’opposition ne puisse siéger dans cette instance.

Dans mon arrondissement, le 9e, l’implantation d’une antenne-relais au 37, rue de Bellefond, à proximité immédiate de l’école maternelle Rochechouart et du Centre Valeyre, qui sont deux établissements fréquentés par les enfants, cette implantation pose problème et fait débat. Un collectif de parents d’élèves et de riverains s’est constitué et leur pétition a obtenu près de 700 signatures à ce jour. Que répondez-vous à ces Parisiens qui craignent pour leurs enfants qu’ils soient surexposés par ce type d’installation?

En définitive, quand on lit cette charte, une chose est sûre : beaucoup est donné aux opérateurs, mais eux que vous donnent-ils comme assurance en échange ?

De toute évidence, un sacré pactole estimé entre 2 et 3 millions d’euros par an. Est-ce la valeur que représente à vos yeux, le bien-être de nos concitoyens ? Pourtant, je reste convaincue que les deux étaient compatibles, si vous aviez eu l’ambition de rédiger une charte équilibrée.

Dans ce document, vous ne parlez ni études d’impact sanitaire, ni de rationalisation du réseau, ni de protection des Parisiens, ni même – et je considère que c’est le plus grave – d’une vision à long-terme de cette problématique. De progrès ou d’ambition de faire de Paris la capitale du numérique de référence mondiale, je n’en vois pas. C’est la raison pour laquelle je m’abstiendrai sur ce projet, à moins que vous acceptiez de voter les vœux présentés par mon groupe, mes collègues Claire de Clermont Tonnerre et Laurence Douvin, qui apportent de vraies avancées sur ce sujet et rendent le dispositif plus équilibré.

Conseil de Paris du 16 octobre 2012

Sport à Paris, une Ville à bout de souffle

Le Maire de Paris a choisi de faire son compte-rendu de mandat dans le 1er arrondissement sur sa politique en faveur de la pratique sportive à Paris. Nous faisons le constat que le développement du sport pour tous à Paris est dans l’impasse.

Nous dénonçons l’absence totale de politique de proximité en la matière. La Ville de Paris a en effet consacré près de la moitié des dépenses d’investissement pour le stade Jean Bouin et les dix matchs annuels du club de rugby du Stade français (250 millions sur les 580 prévus entre 2008 et 2014), privilégiant ainsi le sport business au détriment du sport de proximité. Ce projet a d’ailleurs entraîné la disparition d’un terrain de rugby, de hockey, de football, et une piste d’athlétisme.

La majorité municipale aurait dû notamment : dresser un audit complet des infrastructures sportives parisiennes, comme l’UMP le lui demande depuis des années ; assurer la rénovation et le bon fonctionnement des équipements, en particulier les piscines (exemple : la piscine Valeyre dans le 9e) ; tenir ses promesses en lançant les projets tels qu’un nouveau gymnase dans le 4ème (aujourd’hui un seul gymnase qui n’est plus aux normes pour 30 000 habitants, une piscine flottante sur la Seine dans le 15ème….) ; répondre au conflit des personnels de la Ville, en particulier pour clarifier la répartition des compétences entre les maîtres nageurs et les professeurs de la Ville de Paris pour les cours de natation ; lancer la mise à l’étude de nouveaux équipements sportifs, comme une nouvelle patinoire et un skate-park dans l’ouest parisien.

De même, le Maire de Paris devra s’expliquer ce soir comment la Ville compte adapter sa politique sportive à l’égard des associations et des clubs qui doivent assurer la hausse colossale des tarifs (multipliés par 4) pour utiliser désormais des équipements de proximité. Les familles devront en assumer le coût. Le Maire de Paris devra également s’expliquer après l’annonce par le Président de la République ce matin, du retour à la semaine de quatre jours et demi, probablement le mercredi matin, moment de la semaine privilégié pour le fonctionnement de ces associations à Paris. Nous serions aussi heureux de l’entendre faire le bilan d’une politique de municipalisation du sport qui s’est faite au détriment des réseaux associatifs.

Forts de ces différents constats, nous dénonçons une politique sportive à bout de souffle. Pour nous, Paris doit avoir une politique sportive ambitieuse parce que le sport constitue un bon moyen pour lutter contre le stress urbain, parce que la pratique sportive doit être au cœur d’une politique municipale de santé publique et parce qu’enfin le sport est porteur de principes éducatifs fondamentaux pour la jeunesse.

Jean-François Legaret, Président du Groupe UMPPA et Delphine Bürkli, Jean-Didier  Berthault, Jean-Baptiste Menguy, Vincent Roger

Tribune du 10 octobre 2012

Stop aux caricatures et aux provocations !

C’est avec tristesse et consternation que nous prenons connaissance des propos de notre collègue au Conseil de Paris, François Lebel, Maire du 8e arrondissement, au sujet du projet de loi concernant le mariage entre personnes du même sexe.

Comparer insidieusement, sous forme interrogative, et de manière aussi  provocatrice l’amour entre deux  personnes du même sexe à l’inceste, à la pédophilie ou à la polygamie sont des propos d’un autre temps. Ils sont pour nous à l’opposé des valeurs républicaines, humanistes et de tolérance qui constituent le socle idéologique de l’Union pour un Mouvement Populaire.

Nous condamnons, au nom de ces valeurs, l’homophobie sous toutes ses formes.

Nous appelons  au respect de chacun  concernant le débat sur le mariage homosexuel et sur les délicates questions de la procréation assistée et de l’adoption. On a le droit d’être pour ou contre le mariage entre deux personnes du même sexe. Les élus de la République doivent à nos yeux donner l’exemple pour que chacun se respecte. La caricature comme la provocation ne feront qu’exacerber les tensions, accroître l’agressivité et diviser inutilement les français entre eux.

En l’état actuel, le projet de loi du gouvernement se refuse à créer les conditions d’un réel débat. La gauche française pose un rideau de fumée sociétale afin d’éviter d’approfondir le sujet et de parler des préoccupations quotidiennes des français liées à la crise sociale. Ce débat de société devrait être serein. Il ne l’est pas. C’est délibéré de la part du gouvernement. Notre famille politique ne tombera pas dans le piège que lui tend la gauche. Sur ces sujets fondamentaux, il n’y a pas d’un côté ceux qui savent et de l’autre ceux qui verseraient dans l’obscurantisme.

Avec Vincent Roger et des élus de la nouvelle génération de la droite parisienne

Tribune du 3 octobre 2012

Vœu pour un soutien de la Ville de Paris aux Pussy Riot

L’issue du procès des Pussy Riot a suscité de vives critiques partout en Occident et sur tous les bancs de notre Assemblée, droite et Gauche confondus.

Naturellement, nous voterons ce vœu mais je voudrais vous dire que vous n’êtes pas les seuls à dénoncer un verdict disproportionné qui pose problème par son impact négatif sur la liberté d’expression en Russie. Ces peines de prison excessives et démesurées vont à l’encontre des valeurs européennes d’Etat de droit et de démocratie pour lesquelles la Russie s’est prononcée en tant que membre du Conseil de l’Europe.

Alors, au-delà des mots et des bonnes intentions, là aussi nous attendons du Gouvernement français des actes et une action significative dès la prochaine session du Conseil de l’Europe, qui reste l’instance de dialogue privilégié avec la Russie et les 46 autres états membres du Conseil, pour que ces jeunes femmes puissent obtenir leur libération immédiate.

Conseil de Paris du 25 septembre 2012

N’oublions pas l’échec de la candidature de Paris 2012

Les JO 2012 ont été un succès. Outre les formidables performances sportives – notamment françaises – qui ont jalonné cet événement, ces JO nous ont éblouis par leurs couleurs et la joie qui s’en dégageaient.

Ces jeux, c’est aussi la victoire de la métropole londonienne, qui a su tirer le meilleur de ce qu’elle est pour montrer au monde entier une ville dynamique, belle, moderne, internationale. En un mot, attractive. Une ville qui organise les JO a un message à faire passer. Celui de Londres est clair et a été compris de tous : Londres est une ville internationale à l’énergie libérée.

La capitale anglaise a profité de ces JO pour développer des projets structurants : en choisissant l’est de Londres comme lieu d’implantation des jeux, la ville a permis de régénérer l’une des régions les plus défavorisées du pays. Aidé par le gouvernement, la ville de Londres a également profité de l’événement des JO pour transformer un quartier situé à proximité du parc olympique qui abritait il y a encore dix ans des usines de textiles et des imprimeries en « hub créatif » dédié aux start-up dans le domaine des nouvelles technologies et des énergies vertes. Ce lieu dédié, appelé « Silicon Roundabout », est en passe de devenir la première pépinière d’entreprises innovantes d’Europe. Au final, ces Jeux olympiques auront assuré la promotion de cette ville cosmopolite du 21e siècle en tant que lieu touristique mais aussi comme une destination attractive pour l’investissement étranger.

Ce succès de Londres 2012 doit nous interpeller, nous habitants et amoureux de Paris, sur l’échec de la candidature de Paris 2012. Pour masquer son échec, Bertrand Delanoë – rappelez-vous en 2005 – avait maladroitement moqué le fair play britannique … Cet échec, nous continuons à le payer cher : alors que le projet du grand Paris patine, qu’aucun grand projet économique ou scientifique n’est sorti de terre à Paris depuis onze ans, les jeux olympiques auraient pu être le levier permettant de donner naissance à une nouvelle métropole. Boostés économiquement par les dizaines de milliers d’embauche et galvanisés par l’organisation de cet événement planétaire, Paris aurait eu une occasion historique d’entreprendre, d’inventer, de créer. Et il nous serait revenu à nous, habitants et politiques de Paris, héritiers d’Haussmann, d’écrire un nouveau pan de l’histoire de notre ville.

Londres nous a montré le chemin, celui d’une municipalité qui construit son avenir en soutenant les initiatives privées s’inscrivant dans des projets globaux. Celui d’une ville qui créé des synergies en s’appuyant sur la créativité de sa population. A nous désormais de relever le défi.

Tribune du 24 septembre 2012

Des crédits supplémentaires pour le square d’Estienne d’Orves

Un amendement au budget supplémentaire de la Ville de Paris a été adopté ce matin au Conseil de Paris pour obtenir des crédits supplémentaires pour le square d’Estienne d’Orves, faisant suite à la discussion quelque peu animée que j’avais eue la semaine dernière au Conseil d’arrondissement du 9e au sujet de la faiblesse des crédits apportés à l’entretien de nos cinq squares, un entretien qui laisse sérieusement à désirer … Le cas le plus problématique reste celui du square Montholon où, à l’absence d’entretien régulier s’ajoute une insécurité grandissante.

Reste à souligner que la situation spécifique du square d’Estienne d’Orves aurait pu être évitée si la Ville de Paris avait respecté ses obligations en matière d’entretien des édifices religieux qui relève de sa pleine responsabilité. L’Eglise de la Trinité, comme nombre d’églises à Paris et dans nos quartiers, a besoin de travaux de sécurité urgent, qui concernent la sécurité de tout un quartier, et le budget de la Ville votée ce matin ne répond toujours pas à ces préoccupations légitimes.

Tribune du 9 juillet 2012

Bertrand Delanoë privilégie l’économie subventionnée à la création de richesses et d’emplois à Paris

Monsieur le Maire,

Tout d’abord, je vous demanderai de ne pas caricaturer mes propos sur ce que je m’apprête à vous dire. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause les entreprises de l’économie sociale et solidaire, dont l’existence remonte à plusieurs décennies, et qui jouent un rôle dans le retour à l’emploi des populations les plus fragiles.

Cependant, votre soutien financier en faveur de structures parapubliques, comme « Paris Initiatives Entreprises » qui ont vocation à soutenir ces entreprises n’est pas exempt de critiques au regard des résultats timides qu’elles affichent dans ce domaine en matière d’insertion des parisiens en difficulté.

Quand une collectivité engage pour une structure associative, comme ici, plus d’un demi million d’euros, dont la moitié est consacrée à subvenir aux frais de fonctionnement, notamment pour l’entretien d’un siège social dans le 8e arrondissement, on peut s’étonner de la distorsion entre le but affiché de cette structure et son train de vie supposé.

Disant cela, et devant cette situation qui laisse à désirer sur la gestion des deniers publics, nous sommes en droit en application de l’article L.1611-4 du Code général des collectivités territoriales, de demander un contrôle financier et de l’activité de cette association. N’ayant pas obtenu d’informations comptables en préparant l’examen de cette délibération, ni de bilan d’activités pour 2010, je vous demande d’exercer ce pouvoir et de confier à la Direction du développement économique et de l’emploi cette mission d’audit, ce qui, je l’espère, sera de nature à lever utilement toutes nos interrogations légitimes et nos doutes sur les activités de cette association.

L’an dernier, en 2010, la plate-forme « Paris Initiative Entreprises », mis en place par Christian Sautter, a fêté ses dix ans d’existence et nous avons appris alors qu’avaient été financés sur cette période près de 300 entreprises, dont une quarantaine dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, soit près de 300 emplois. Ces chiffres, je les tiens des services de Madame Dagoma, en mai dernier qui ont été présentés à l’occasion d’un CICA à la Mairie du 9e.

En soutenant « Paris Initiatives Entreprises », ce sont 600.000 euros par an qui sont prélevés sur le budget de la Ville de Paris, pour 30 entreprises aidés et 30 emplois sauvegardés par an, soit plus de 6 millions d’euros en 10 ans pris dans la poche des parisiens, pour des résultats en matière d’emplois qui ne sont pas à la hauteur.

En plus des 6 millions d’euros consacrés en dix ans, on le sait, la Ville de Paris soutient d’autres structures coûteuses qui aident au financement, à l’accompagnement et au lancement d’entreprises solidaires et qui traitent finalement du même sujet que « Paris Initiatives Entreprises » au travers de partenariat de la Ville avec l’Association pour le droit à l’initiative économique, la boutique de gestion de Paris Ile de France, et aussi à travers les huit coopératives d’activités et d’emplois parisiennes.

Autant reconnaître par conséquent qu’il y a un problème dans votre politique de soutien à ces entreprises, qui ne portent pas ses fruits.

Depuis dix ans, vous empilez les subventions, à coup de millions d’euros, en faveur de dispositifs qui ne créent pas ou peu de richesses dans Paris.

Au regard de ce bilan décevant, nous sommes légitiment en droit de nous demander si le partenariat que vous nous demandez de renouveler aujourd’hui via cette délibération, est à la hauteur des défis de la Ville de Paris en matière de dynamisme économique et de développement des entreprises en faveur de l’emploi.

Précisément, pour revenir au cœur de cette délibération, les charges de cette association sont passées à 1 million d’euros cette année, soit une augmentation de 20%, quand l’activité de l’association progresse avec une augmentation de 18% du nombre de prêts décaissés et 19% du nombre de garanties bancaires accordées, ce qui s’est traduit par une création ou une consolidation de 356 emplois en dix ans.

Quel est le train de vie de cette structure pour nécessiter 20% d’augmentation des frais de fonctionnement ? On aurait pu imaginer compte tenu de la crise économique qui n’a pas épargné Paris depuis 3 ans, que le budget investissement aurait légitimement primé sur le fonctionnement.

Pouvez-vous nous préciser aussi la proportion d’emplois parapublics créés avec l’aide de Paris Initiatives Entreprises, et la proportion, à l’inverse, d’emplois marchands ? J’ai bien peur que ces constats, si vous nous en faisiez part, soient frappants, puisqu’ils démontreraient inévitablement que vous vous focalisez sur des emplois qui n’apportent pas de valeur ajoutée. Là encore, c’est un double échec de votre politique, en matière de la création de richesse et de  création d’emplois.

Avec un taux de chômage en hausse de 2% en 2010 à Paris, avec près de 3.000 entreprises qui ont été touchées par un redressement judiciaires ou une liquidation l’an passé, avec le départ de Paris de nombreux sièges sociaux de grandes entreprises pour la proche banlieue, plus que jamais, nos entreprises ont besoin d’être soutenues, non pas dans une logique d’économie aidée, subventionnée, comme vous le faites, mais dans une logique économique vertueuse, qui les aide à se développer.

Conseil de Paris du 11 juillet 2011