Débat sur la charte relative à la téléphonie mobile prise entre la Ville et les 4 opérateurs

A première vue, votre projet, dans sa formulation, apparaît équilibré entre le souci de développer l’économie numérique et le maintien de la qualité du cadre de vie des Parisiens. Et puis, à y regarder de plus près, on se rend assez vite compte que si cette charte constitue un progrès, c’est d’abord au bénéfice des opérateurs de téléphonie mobile et en aucun cas pour les Parisiens.

Là encore, nous sommes devant une contradiction entre le discours qui se veut protecteur des habitants et vos réelles décisions dictées par des intérêts financiers pour remplir les caisses de la Ville.

Et pourtant, vous vous félicitez de réunir régulièrement des panels de citoyen – ça fait en effet très démocratie directe – mais est-ce que vous écoutez pour autant ce qu’ils ont à vous dire ?

Exemple : Où sont, dans le document que vous nous soumettez, les propositions qui avaient été émises par le panel des citoyens le 18 juin 2009 au cours de la « conférence parisienne ondes, santé, société » qui s’était réuni à votre initiative? J’en rappelle les conclusions :

Premièrement, la nécessité de mutualiser les antennes, pour qu’il n’y ait qu’un seul réseau et non pas 4 comme c’est le cas aujourd’hui. L’idée étant de réduire le nombre d’antennes et donc l’exposition des habitants,

Deuxièmement, la reconnaissance et le suivi des personnes électro-sensibles, pour que des mesures adaptées soient prises en leur faveur. Quand on se targue matin, midi et soir de faire du social, rien ne fait allusion à ces personnes dans ce projet, ce que je regrette.

Enfin, troisième proposition, l’abaissement du seuil maximum à 0,6V/m. Une proposition reprise par un vœu voté en 2010 par notre Assemblée à la quasi-unanimité. C’était il y a à peine deux ans …

De toutes ces conclusions, aucune ne figure dans ce projet de charte, ce que j’avoue ne pas bien comprendre.

Rien n’est non plus proposé dans votre charte pour travailler sur les quelques points les plus exposés dans la Ville afin d’y réduire les risques pour le public, alors que cela serait pour le coup une avancée concrète pour les parisiens. Le seuil de 5V/m pour la 3G n’a rien de contraignant pour les opérateurs, c’est au contraire le symptôme que cette charte a bien été rédigée pour eux, et pas pour les habitants de cette ville, pour protéger les intérêts des opérateurs et non pas pour protéger les habitants de Paris des risques encourus par les antennes-relais.

Des associations vous ont d’ailleurs demandé le retrait de certaines antennes (une poignée seulement sur les 2.353 antennes que compte Paris) qui ont été implantées cette année en passant outre toute concertation ou en ne tenant pas compte du refus de la mairie d’arrondissement, comme au 173, rue Marcadet dans le 18e, où un vœu a été voté par mon collègue Pierre-Yves Bournazel et le groupe Verts. Que leur répondez-vous ?

A propos du rôle des associations d’ailleurs, on apprend en page 10 de votre document que celles qui siègeront dans la prochaine Commission de concertation de téléphonie seront sélectionnées par le Maire de Paris … ce qui révèle une forte intention de votre part de verrouiller la concertation et de rester entre vous… Je regrette que sur des sujets aussi sensibles aucun représentant de conseil de quartier concerné, aucun élu d’opposition ne puisse siéger dans cette instance.

Dans mon arrondissement, le 9e, l’implantation d’une antenne-relais au 37, rue de Bellefond, à proximité immédiate de l’école maternelle Rochechouart et du Centre Valeyre, qui sont deux établissements fréquentés par les enfants, cette implantation pose problème et fait débat. Un collectif de parents d’élèves et de riverains s’est constitué et leur pétition a obtenu près de 700 signatures à ce jour. Que répondez-vous à ces Parisiens qui craignent pour leurs enfants qu’ils soient surexposés par ce type d’installation?

En définitive, quand on lit cette charte, une chose est sûre : beaucoup est donné aux opérateurs, mais eux que vous donnent-ils comme assurance en échange ?

De toute évidence, un sacré pactole estimé entre 2 et 3 millions d’euros par an. Est-ce la valeur que représente à vos yeux, le bien-être de nos concitoyens ? Pourtant, je reste convaincue que les deux étaient compatibles, si vous aviez eu l’ambition de rédiger une charte équilibrée.

Dans ce document, vous ne parlez ni études d’impact sanitaire, ni de rationalisation du réseau, ni de protection des Parisiens, ni même – et je considère que c’est le plus grave – d’une vision à long-terme de cette problématique. De progrès ou d’ambition de faire de Paris la capitale du numérique de référence mondiale, je n’en vois pas. C’est la raison pour laquelle je m’abstiendrai sur ce projet, à moins que vous acceptiez de voter les vœux présentés par mon groupe, mes collègues Claire de Clermont Tonnerre et Laurence Douvin, qui apportent de vraies avancées sur ce sujet et rendent le dispositif plus équilibré.

Conseil de Paris du 16 octobre 2012

Sport à Paris, une Ville à bout de souffle

Le Maire de Paris a choisi de faire son compte-rendu de mandat dans le 1er arrondissement sur sa politique en faveur de la pratique sportive à Paris. Nous faisons le constat que le développement du sport pour tous à Paris est dans l’impasse.

Nous dénonçons l’absence totale de politique de proximité en la matière. La Ville de Paris a en effet consacré près de la moitié des dépenses d’investissement pour le stade Jean Bouin et les dix matchs annuels du club de rugby du Stade français (250 millions sur les 580 prévus entre 2008 et 2014), privilégiant ainsi le sport business au détriment du sport de proximité. Ce projet a d’ailleurs entraîné la disparition d’un terrain de rugby, de hockey, de football, et une piste d’athlétisme.

La majorité municipale aurait dû notamment : dresser un audit complet des infrastructures sportives parisiennes, comme l’UMP le lui demande depuis des années ; assurer la rénovation et le bon fonctionnement des équipements, en particulier les piscines (exemple : la piscine Valeyre dans le 9e) ; tenir ses promesses en lançant les projets tels qu’un nouveau gymnase dans le 4ème (aujourd’hui un seul gymnase qui n’est plus aux normes pour 30 000 habitants, une piscine flottante sur la Seine dans le 15ème….) ; répondre au conflit des personnels de la Ville, en particulier pour clarifier la répartition des compétences entre les maîtres nageurs et les professeurs de la Ville de Paris pour les cours de natation ; lancer la mise à l’étude de nouveaux équipements sportifs, comme une nouvelle patinoire et un skate-park dans l’ouest parisien.

De même, le Maire de Paris devra s’expliquer ce soir comment la Ville compte adapter sa politique sportive à l’égard des associations et des clubs qui doivent assurer la hausse colossale des tarifs (multipliés par 4) pour utiliser désormais des équipements de proximité. Les familles devront en assumer le coût. Le Maire de Paris devra également s’expliquer après l’annonce par le Président de la République ce matin, du retour à la semaine de quatre jours et demi, probablement le mercredi matin, moment de la semaine privilégié pour le fonctionnement de ces associations à Paris. Nous serions aussi heureux de l’entendre faire le bilan d’une politique de municipalisation du sport qui s’est faite au détriment des réseaux associatifs.

Forts de ces différents constats, nous dénonçons une politique sportive à bout de souffle. Pour nous, Paris doit avoir une politique sportive ambitieuse parce que le sport constitue un bon moyen pour lutter contre le stress urbain, parce que la pratique sportive doit être au cœur d’une politique municipale de santé publique et parce qu’enfin le sport est porteur de principes éducatifs fondamentaux pour la jeunesse.

Jean-François Legaret, Président du Groupe UMPPA et Delphine Bürkli, Jean-Didier  Berthault, Jean-Baptiste Menguy, Vincent Roger

Tribune du 10 octobre 2012

Le Conseil du 9e vote les subventions pour des crèches associatives

Au cours du Conseil du 9e, lundi dernier, nous avons voté des sommes très importantes pour l’accueil des enfants de moins de 3 ans dans trois crèches associatives : plus de 2 millions d’euros.
Un montant très important qui ne doit pas faire oublier que deux enfants sur trois dans l’arrondissement sont, dès le départ, laissés au bord du chemin et les parents n’ont pas d’autres choix que le système D.
C’est pourquoi à l’occasion du vote de ces subventions, j’ai insisté pour que nous ayons une visibilité claire dans le temps sur les structures d’accueil des enfants de moins de trois ans dans l’arrondissement et sur le déploiement des moyens des personnels. Face à la demande croissante, la Ville doit d’urgence faire des propositions pour favoriser les modes de garde à domicile et le développement des crèches inter-entrerprises et mettre en place un vrai plan de valorisation des assistantes maternelles. Et puis toujours mieux informer les parents doit être la préoccupation des élus de proximité pour les accompagner dans leurs démarches en matière de garde de leur enfant.

Tribune du 19 septembre 2012

Des crédits supplémentaires pour le square d’Estienne d’Orves

Un amendement au budget supplémentaire de la Ville de Paris a été adopté ce matin au Conseil de Paris pour obtenir des crédits supplémentaires pour le square d’Estienne d’Orves, faisant suite à la discussion quelque peu animée que j’avais eue la semaine dernière au Conseil d’arrondissement du 9e au sujet de la faiblesse des crédits apportés à l’entretien de nos cinq squares, un entretien qui laisse sérieusement à désirer … Le cas le plus problématique reste celui du square Montholon où, à l’absence d’entretien régulier s’ajoute une insécurité grandissante.

Reste à souligner que la situation spécifique du square d’Estienne d’Orves aurait pu être évitée si la Ville de Paris avait respecté ses obligations en matière d’entretien des édifices religieux qui relève de sa pleine responsabilité. L’Eglise de la Trinité, comme nombre d’églises à Paris et dans nos quartiers, a besoin de travaux de sécurité urgent, qui concernent la sécurité de tout un quartier, et le budget de la Ville votée ce matin ne répond toujours pas à ces préoccupations légitimes.

Tribune du 9 juillet 2012

L’avenir des cinq squares du 9e en question : l’exemple du square Montholon

Le square Montholon, jusqu’à ces dernières années, c’était un lieu de tranquillité, un havre de paix pour les habitants et les familles de l’arrondissement.

Avec les squares Adolphe Max, d’Estienne d’Orves, Alex Biscarre et Anvers, Montholon est l’un des rares « poumons verts » de l’arrondissement pour ses 60.000 habitants et les milliers de personnes qui viennent y travailler au quotidien.

Depuis dix ans, aucun de ces espaces verts n’a bénéficié de travaux d’envergure pour être plus accessible et agréable, aucun square supplémentaire n’a été crée, alors que, dans le même temps, la population de l’arrondissement a beaucoup augmenté.

Le square Montholon souffre d’un manque d’entretien, en plus d’être dangereux : jeux dégradés, campements sauvages, bagarres et consommation d’alcool à toute heure, détritus divers et périlleux, comme des seringues usagées à la portée des enfants. Cette situation génère de graves crises sanitaires et éducatives, sans parler des risques de sécurité pour les 2.000 enfants qui fréquentent ce square.

C’est la raison pour laquelle une intervention des services municipaux est indispensable et celle-ci, qui relève de la pleine responsabilité de la Mairie, n’a que trop tarder. Et pourtant … cela fait plus d’un an que les parents du quartier se mobilisent pour dénoncer cette situation. La pétition « Sauvons Montholon » lancée par un collectif de parents du quartier, a été largement signée par de très nombreux habitants.

Depuis lors, le dialogue avec la Mairie et les habitants réunis en conseil de quartier reste inopérant, parce que les élus socialistes refusent l’évidence : l’urgence de rétablir un gardiennage à la journée comme il en existait un avant 2001.

Devant cette situation de blocage, j’ai porté en juin dernier, ce dossier au Conseil de Paris pour proposer une requalification globale du square, avec pour objectif un lieu agréable et sécurisé et demander de renforcer d’urgence le gardiennage et les services de nettoyage du square. Car, au-delà du square Montholon, c’est  bien l’avenir des cinq squares de l’arrondissement qui est en jeu. Nous devons faire preuve de vigilance et rester mobilisés pour que ces endroits appréciés des habitants ne deviennent pas des zones de non droit.

Tribune du 6 juillet 2012

Bertrand Delanoë privilégie l’économie subventionnée à la création de richesses et d’emplois à Paris

Monsieur le Maire,

Tout d’abord, je vous demanderai de ne pas caricaturer mes propos sur ce que je m’apprête à vous dire. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause les entreprises de l’économie sociale et solidaire, dont l’existence remonte à plusieurs décennies, et qui jouent un rôle dans le retour à l’emploi des populations les plus fragiles.

Cependant, votre soutien financier en faveur de structures parapubliques, comme « Paris Initiatives Entreprises » qui ont vocation à soutenir ces entreprises n’est pas exempt de critiques au regard des résultats timides qu’elles affichent dans ce domaine en matière d’insertion des parisiens en difficulté.

Quand une collectivité engage pour une structure associative, comme ici, plus d’un demi million d’euros, dont la moitié est consacrée à subvenir aux frais de fonctionnement, notamment pour l’entretien d’un siège social dans le 8e arrondissement, on peut s’étonner de la distorsion entre le but affiché de cette structure et son train de vie supposé.

Disant cela, et devant cette situation qui laisse à désirer sur la gestion des deniers publics, nous sommes en droit en application de l’article L.1611-4 du Code général des collectivités territoriales, de demander un contrôle financier et de l’activité de cette association. N’ayant pas obtenu d’informations comptables en préparant l’examen de cette délibération, ni de bilan d’activités pour 2010, je vous demande d’exercer ce pouvoir et de confier à la Direction du développement économique et de l’emploi cette mission d’audit, ce qui, je l’espère, sera de nature à lever utilement toutes nos interrogations légitimes et nos doutes sur les activités de cette association.

L’an dernier, en 2010, la plate-forme « Paris Initiative Entreprises », mis en place par Christian Sautter, a fêté ses dix ans d’existence et nous avons appris alors qu’avaient été financés sur cette période près de 300 entreprises, dont une quarantaine dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, soit près de 300 emplois. Ces chiffres, je les tiens des services de Madame Dagoma, en mai dernier qui ont été présentés à l’occasion d’un CICA à la Mairie du 9e.

En soutenant « Paris Initiatives Entreprises », ce sont 600.000 euros par an qui sont prélevés sur le budget de la Ville de Paris, pour 30 entreprises aidés et 30 emplois sauvegardés par an, soit plus de 6 millions d’euros en 10 ans pris dans la poche des parisiens, pour des résultats en matière d’emplois qui ne sont pas à la hauteur.

En plus des 6 millions d’euros consacrés en dix ans, on le sait, la Ville de Paris soutient d’autres structures coûteuses qui aident au financement, à l’accompagnement et au lancement d’entreprises solidaires et qui traitent finalement du même sujet que « Paris Initiatives Entreprises » au travers de partenariat de la Ville avec l’Association pour le droit à l’initiative économique, la boutique de gestion de Paris Ile de France, et aussi à travers les huit coopératives d’activités et d’emplois parisiennes.

Autant reconnaître par conséquent qu’il y a un problème dans votre politique de soutien à ces entreprises, qui ne portent pas ses fruits.

Depuis dix ans, vous empilez les subventions, à coup de millions d’euros, en faveur de dispositifs qui ne créent pas ou peu de richesses dans Paris.

Au regard de ce bilan décevant, nous sommes légitiment en droit de nous demander si le partenariat que vous nous demandez de renouveler aujourd’hui via cette délibération, est à la hauteur des défis de la Ville de Paris en matière de dynamisme économique et de développement des entreprises en faveur de l’emploi.

Précisément, pour revenir au cœur de cette délibération, les charges de cette association sont passées à 1 million d’euros cette année, soit une augmentation de 20%, quand l’activité de l’association progresse avec une augmentation de 18% du nombre de prêts décaissés et 19% du nombre de garanties bancaires accordées, ce qui s’est traduit par une création ou une consolidation de 356 emplois en dix ans.

Quel est le train de vie de cette structure pour nécessiter 20% d’augmentation des frais de fonctionnement ? On aurait pu imaginer compte tenu de la crise économique qui n’a pas épargné Paris depuis 3 ans, que le budget investissement aurait légitimement primé sur le fonctionnement.

Pouvez-vous nous préciser aussi la proportion d’emplois parapublics créés avec l’aide de Paris Initiatives Entreprises, et la proportion, à l’inverse, d’emplois marchands ? J’ai bien peur que ces constats, si vous nous en faisiez part, soient frappants, puisqu’ils démontreraient inévitablement que vous vous focalisez sur des emplois qui n’apportent pas de valeur ajoutée. Là encore, c’est un double échec de votre politique, en matière de la création de richesse et de  création d’emplois.

Avec un taux de chômage en hausse de 2% en 2010 à Paris, avec près de 3.000 entreprises qui ont été touchées par un redressement judiciaires ou une liquidation l’an passé, avec le départ de Paris de nombreux sièges sociaux de grandes entreprises pour la proche banlieue, plus que jamais, nos entreprises ont besoin d’être soutenues, non pas dans une logique d’économie aidée, subventionnée, comme vous le faites, mais dans une logique économique vertueuse, qui les aide à se développer.

Conseil de Paris du 11 juillet 2011

Adoption du PLH

Monsieur le Maire, après avoir été soumis à notre examen lors du Conseil de novembre, le Programme local pour l’habitat sur lequel nous devons définitivement nous prononcer aujourd’hui demeure pour le Groupe UMPPA auquel j’appartiens, inapte à résoudre la profonde crise du logement qui sévit à Paris.

Une crise du logement qui reste le point noir de vos dix années de mandature. Votre politique en la matière ne convainc pas et est fortement critiquée par 74% des Parisiens, dans un des derniers sondages publiés par le JDD en mars dernier.

Ainsi que Jean-François Lamour le soulignait,  lors de l’examen de la nouvelle convention de délégation d’aides à la pierre, les élus UMPPA ne pourront prendre la responsabilité de soutenir pour les cinq prochaines années une politique partiale, qui laisse tant de Parisiens au bord de la route et constitue une grave erreur stratégique pour l’avenir de la capitale.

Car oui, Monsieur le Maire, vous pratiquez une politique d’exclusion. Et la liste des exclus s’allonge au fil des années :

–         les classes moyennes, d’abord. La réalité aujourd’hui, c’est qu’un couple avec deux enfants aux revenus moyens, selon les critères de l’INSEE, c’est-à-dire pour un revenu mensuel autour de 4.000 euros, que ce soient des enseignants, des employés, des agents de la Ville, ceux qui servent la Capitale, qui y travaillent, qui en font sa diversité et sa mixité, et bien ces personnes ne sont plus prioritaires dans l’accès au logement social. Et ces gens là qui sont tout sauf des CSP+, ils ne s’en sortent plus financièrement et sont contraints de quitter la capitale pour la banlieue. Voilà la réalité !

Je me souviens des engagements des socialistes, ceux de Bertrand Delanoë en 2008, dont la presse s’était fait largement l’écho, où il disait « je ferai plus de logements pour les classes moyennes ». Résultat, tous les anciens PLI sont déconventionnés et nous ne disposons plus de logements intermédiaires pour loger des familles d’employés ou d’ouvriers qui en ont besoin.

Dans le 9e par exemple, on constate une implantation des logements sociaux PLUS et très sociaux PLAI, bien supérieure à la moyenne d’autres arrondissements. La logique actuelle n’attire pas et surtout ne retient pas les classes moyennes dans l’arrondissement.

–         les familles ensuite, car le PLH soumis à notre débat ne propose de réserver que 35% des logements pour les quatre pièces et plus, alors que la part des ménages de 3 à 4 personnes ne cesse de croître parmi les demandeurs (plus de 27% en 2009 selon une étude de l’APUR).

–         Les seniors, souvent seuls et qui n’arrivent plus physiquement à se maintenir dans leur domicile mais qui aspirent, plus que tout, à rester dans leur quartier quittent Paris, parce que les places en EPHAD sont insuffisantes – seules 800 places sont prévues dans le PLH.

Je considère que le logement social se doit de répondre à la demande d’un large éventail de la population et de parvenir à un meilleur équilibre de peuplement pour que la mixité sociale soit vraiment respectée.

Mois après mois, préemption après préemption, votre politique détruit le fragile équilibre urbain entre logement privé et logement social portant entrave à toute diversité de l’offre. Regardez ce qui se passe dans le 13e ou le 19e, où le seuil imposé par la loi SRU de 20% de logements sociaux, est largement dépassé à plus de 35%.

A tout cela s’ajoute l’image dégradée du logement HLM, marquée par les problèmes de vie quotidienne. Et vous n’êtes pas sans savoir que les habitants sont de plus en plus nombreux à subir au quotidien des incivilités et des nuisances en termes de sécurité notamment.

A aucun moment dans ce PLH, vous ne prenez pas en compte la dégradation de leur environnement, le mauvais état d’entretien des immeubles de la Ville. Votre priorité devrait être d’assurer un cadre de vie décent pour les locataires. Il ne s’agit pas de faire du chiffre mais de la qualité.

Et quid des équipements de proximité qui doivent accompagner les programmes de logements ?

Vous le voyez, la liste des exclus est bien longue, sans compter les 120.000 demandeurs qui frappent à la porte du logement social.

En dix ans, vous avez fait du logement la première préoccupation des Parisiens.

Le Groupe UMPPA avait émis de nombreuses propositions lors des débats de novembre, nous déplorons de ne pas avoir été entendus et voterons en toute cohérence contre ce projet.

Cession de l’immeuble communal du 21 rue Blanche

C’est non sans un certain étonnement que j’ai découvert la semaine dernière ce projet de délibération, qui vise à vendre un des joyaux du 9e arrondissement, l’immeuble du 21, rue Blanche, qui abrite un hôtel particulier et un jardin, au passage, l’un des rares espaces verts de l’arrondissement, et dont la Ville est propriétaire depuis 1968.

Je regrette à la fois le procédé employé par le maire de Paris, de se défaire d’un bien immobilier important et qui aurait pu être utilement affecté aux Parisiens, et plus grave encore regrette que la Ville ait choisi de le brader à 5 millions d’euros.

Sur la décision du Maire de se séparer de ce bien, j’avoue ne pas en comprendre les raisons : cet immeuble constitue un bel ouvrage dans le 9e arrondissement, il a abrité pendant près de 50 ans la célèbre école de théâtre dite de la rue Blanche, et la façade est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques. Je suis d’autant plus surprise que la Mairie nous a promis pendant des années monts et merveilles pour l’affectation de cet immeuble. Encore lors de la campagne municipale de 2008, vous aviez promis aux Parisiens d’y installer un bel équipement public, voire des logements, lorsque de mon côté je proposais aux habitants du 9e l’ouverture au public d’une fondation pour l’art contemporain, une « villa médicis » ouverte à tous les arts, dans cet arrondissement qui reste le cœur de l’activité artistique de Paris, en donnant accès libre au jardin.

Les arguments en faveur de cette décision que j’ai entendus lors du dernier conseil du 9e arrondissement de la part de l’exécutif municipal, qui laisserait la possibilité au Maire d’influer sur la destination de l’immeuble voire d’imposer vos volontés n’ont bien sur aucun fondement juridique et ne m’ont pas convaincu.

Autre problème et non des moindres, le prix de la transaction, à hauteur de 5,2 millions d’euros, sur lequel vous vous êtes mis d’accord avec le promoteur, est pour le moins décevant pour les Parisiens, quand on connaît l’explosion des prix de l’immobilier dans Paris, et en particulier dans cet arrondissement.

Je me suis prêté, avec l’aide des instruments mis en place par les Notaires de Paris, à une estimation de ce bien. Avec 1.105 m² de surface utile, et 10.000 euros au m² estimés pour le secteur Notre-Dame de Lorette, Blanche, Martyrs, au 4e trimestre 2010, on arrive à un prix de marché théorique de 11 millions d’euros pour ce bien. Mais vous me direz, ce prix ne tient pas compte de l’état de délabrement de l’immeuble, un état que France Domaines a du prendre en compte dans son estimation.

Mais alors devant la dégradation de l’immeuble, des questions se posent : comment en est-on arrivé à cette situation de délabrement ? Comment le Maire de Paris a pu laisser un élément de son patrimoine devenir comme il l’est aujourd’hui ? Pourquoi aucun travaux de réhabilitation n’a été engagé depuis dix ans ? Et pourquoi n’est-on jamais passé des discours aux actes ?

La réponse est en partie dévoilée par l’exposé des motifs, puisqu’il est mentionné qu’un squat de cet immeuble de près de deux ans aurait retardé, pour dire les choses poliment, les projets de la Ville.

Ce que le projet de délibération ne dit pas, c’est que vous avez légalisé ce squat en 2001 en prenant la décision de suspendre l’ordonnance d’expulsion du Tribunal. Et vous avez laissé perdurer une situation intolérable pendant près de deux années, pendant lesquelles les riverains de la rue Blanche et du 34, rue de Clichy, ont subi des nuisances inacceptables

Au final, combien ce squat aura coûté au final aux contribuables parisiens ?

D’une certaine manière, la réponse nous l’avons aujourd’hui, puisqu’en vendant ce bien dans cet état aujourd’hui, la Ville a un manque à gagner de 6 millions d’euros.

En 2003, la Ville a récupéré un immeuble dans un triste état et depuis cette date, vous n’en avez rien fait, et ce bâtiment a été laissé à l’abandon. C’est une drôle de gestion du patrimoine de la Ville, vous en conviendrez.

C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur cette délibération, qui montre du doigt une gestion financière peu scrupuleuse des deniers publics et une absence de politique de préservation du patrimoine de la Ville. On comprend mieux ainsi où passe l’augmentation de nos impôts.