Cérémonie du 8 mai

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Chers représentants des associations d’anciens combattants,
Chers amis du Chœur Vercken,
Chers élus, chers Collègues,
Mesdames et Messieurs,

Avant-hier, au Vatican, à l’occasion de la remise du prestigieux Prix Charlemagne, le Pape François, dans un vibrant discours à l’ensemble des Européens, nous a invité à « faire mémoire, de prendre un peu de distance par rapport au présent pour écouter la voix de nos ancêtres ».

Et c’est précisément ce que nous faisons ensemble, réunis, ce matin pour commémorer le 71e anniversaire de l’armistice de la 2e guerre mondiale, le 8 mai 1945, devant le monument aux morts de la Mairie du 9e. Cette « transfusion de mémoire » chère à Elie Wiesel, qui nous permet de nous inspirer du passé pour affronter avec courage le monde d’aujourd’hui et ses tourments.

Ce 8 mai 1945, « la guerre est gagnée ». Dans son allocution, le Général de Gaulle entré dans l’histoire de France en juin 1940 pour avoir incarné, comme Jeanne d’Arc avant lui, la résistance à l’envahisseur, proclame « la victoire des Nations Unies, la victoire de la France … la patrie porte à cet instant sa pensée et son amour, d’abord vers ceux qui sont morts pour elle, ensuite, vers ceux qui ont, pour son service, tant combattu et tant souffert ».

La seconde guerre mondiale, ce sont en effet 50 millions de victimes, plus de 100 millions de combattants, 61 nations impliquées. Ce sont six années de conflits armés, de luttes acharnés et de drames humains. L’idéologie nazie nous fit plonger dans les heures les plus sombres de notre Histoire et fit ressortir ce qu’il y avait de pire chez l’Homme : sa cruauté, sa lâcheté, sa haine. Cette « transfusion de mémoire », nous la faisons vivre avec vous, avec mon équipe, et au premier rang, mon 1er adjoint Alexis Govciyan par le biais de belles et émouvantes manifestations, tout au long de l’année en direction de tous nos concitoyens et des plus jeunes en particulier, comme celle qui se tient actuellement dans les salons de notre mairie, « Grand-père comment t’appelles tu ? » que nous offre Ethel Buisson retraçant le parcours tragique de son grand-père de Varsovie à Paris jusqu’à Auschwitz.

Dans cette continuité, en fin d’année, nous accueillerons une exposition inédite imaginée et mise en scène par le journaliste italien Alberto Toscano, retraçant les années 1936 et 1937 grâce à une collection impressionnante de journaux d’époque , pour nous permettre d’analyser en détail la montée de l’extrémisme, du radicalisme, de l’intolérance et la genèse des conflits qui menèrent à la seconde guerre mondiale, aux massacres, à la déportation et à l’extermination de millions de femmes et d’hommes.
Le 8 mai 1945, grâce aux forces alliées qui ont mêlé « leur sang à notre sang », la France et l’Europe sont sorties des ténèbres et témoigné à l’humanité qu’un nouveau départ était possible en posant la première pierre de la construction de l’Union européenne. Cette Europe qui depuis 70 ans nous a protégé des conflits sur notre continent. Une paix aujourd’hui bien fragile, tant notre continent traverse, face à la mutation économique et sociale du monde et aux conflits à nos portes, à l’arrivée massive de réfugiés, une crise existentielle sans précédent.

Alors, en ces temps troublés, où l’actualité rend d’autant plus nécessaire le souvenir du passé, il est utile de nous rappeler jusqu’où l’Homme est allé il y a plus de 70 ans, pour que jamais ne se reproduise l’horreur inhumaine. La barbarie terroriste, que nous avons subie en 2015 et qui a frappé chaque français, chaque parisien, en plein cœur, ne doit en aucun cas être le motif d’un repli sur soi et d’une montée du radicalisme et de l’intolérance. Contre la tentation de se replier, il faut rappeler encore et toujours les valeurs de la République qui nous rassemblent : le dialogue, la tolérance et l’ouverture comme le firent ceux qui ont eu l’honneur, la force et la volonté de dire NON à l’oppression et à l’occupation nazie. Ces hommes et ces femmes, de toutes conditions sociales, de toutes origines, de toutes confessions qui ont répondu à l’appel de la France libre sont aussi ceux à qui nous rendons hommage ce matin. Ils étaient des milliers et méritent le respect infini de la France.

Il nous faut transmettre cette culture du dialogue à tous les jeunes de France, les rendre participants et protagonistes de la construction européenne, alors que l’euroscepticisme –il faut bien le reconnaitre, et c’est d’ailleurs l’échec des partis de gouvernement – gagne depuis plusieurs années une partie importante de cette population de plus en plus tentée, face à la montée du chômage et à l’absence de perspectives, par les extrêmes de droite comme de gauche.

Quel beau symbole alors que celui de la présence à nos côtés ce matin des élèves de l’atelier théâtre du Neuf, Fatou et Siryne. Un atelier théâtral que je suis fière d’avoir mis en place l’an dernier, ici même, avec mon ami Tony Harrisson, pour les collégiens de notre arrondissement et qui participe pleinement au vivre ensemble, grâce à l’étude et l’apprentissage de textes universels qui participe au devoir de mémoire. Merci encore Chers Fatou et Siryne pour votre lecture de ce beau poème à l’instant.

Merci à vous tous et toutes d’avoir partagé avec nous ce moment de recueillement, votre présence honore nos compatriotes qui ont donné leur vie pour la patrie.

Vive la République et vive la France !
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Publié dans Actualités
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Delphine Bürkli

Delphine Burkli Maire du 9e arrondissement de Paris
Conseillère de Paris