Commémoration du 8 mai 1945

Discours de Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement de Paris, le 8 mai 2018.

Discours 8 mai 2018

En cette journée du 8 mai, nous commémorons comme chaque année la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe et honorons la mémoire de celles et ceux auxquels nous devons aujourd’hui d’être libres. Parce qu’aux heures les plus sombres de notre histoire, quand tout semblait perdu, que les dirigeants de l’époque avaient choisi la capitulation, des femmes et des hommes se sont soulevés pour continuer le combat aux côtés des alliés, la Grande-Bretagne et l’Amérique, dont nous n’oublierons jamais le sacrifice.

A ces voix, à ces visages de la France résistante, à cette France libre et éternelle, nous rendons aujourd’hui hommage. Au général de Gaulle, à Germaine Tillion, à Raymond et Lucie Aubrac, à Jean Moulin, au Colonel Kieffer, à Honoré d’Estienne d’Orves et Jacques Decour dont les noms sont intimement liés à jamais à notre arrondissement, le général Leclerc et les hommes de la 2e DB, à Rol Tanguy, à Jacques Chaban Delmas et tant d’autres, nous leur devons notre liberté. Sous l’uniforme, dans la clandestinité, dans leur vie quotidienne des milliers de françaises et de français, des anonymes prirent tous les risques, sacrifiant leur vie pour leur patrie.


Aux résistants, aux maquisards, à ceux qui cachaient des enfants juifs parmi leurs propres enfants, à ces héros du plateau des Glières et du Vercors, à ces pêcheurs de l’Ile de Sein, qui tous ont rejoint le Général de Gaulle en 1940, ils ont risqué ou donné leur vie au nom de l’idée qu’ils se faisaient de la France. Je n’oublie pas non plus ces soldats des troupes coloniales venus d’Afrique, du Maghreb, d’Indochine qui se sont battus sous le drapeau français pour défendre les valeurs universelles de la France.

Ce 8 mai nous ne célébrons pas seulement une victoire militaire mais avant tout une victoire morale, une victoire du bien contre le mal, de ce qu’il y a de plus grand dans l’homme contre ce qu’il peut y avoir de pire en lui.

S’il y avait une seule leçon à retenir du 8 mai 1945, ce serait d’ailleurs celle-ci : ne jamais rien lâcher sur ce qui fait notre humanité, ne jamais transiger sur les valeurs qui sont les nôtres. Il n’y a pas de fatalité, seulement des forces adverses à vaincre, quelle qu’elles soient.

Aujourd’hui, notre génération, ma génération et celle des jeunes, nous avons le devoir de continuer à nous battre à notre tour pour les valeurs au nom desquelles ils se sont sacrifiés, face aux défis qui est sont les nôtres désormais dans une Europe en paix mais un monde incertain et fragile.

Soyons dignes de celles et ceux qui ont survécu, les mêmes qui ont bâti la réconciliation franco-allemande et l’Europe pour que jamais ce qu’ils ont enduré dans leur propre chair, l’horreur des camps, l’extermination de masse de civils innocents se reproduisent. Sans oublier les milliers de résistants fusillés par l’ennemi.

L’idéal européen, celui inventé par Schumann, Monnet, Adenauer et de Gaulle, reste plus que jamais le rempart contre toutes les dérives belliqueuses.

Alors, c’est vrai, l’Amérique aujourd’hui n’est plus celle de 1944-1945. Elle se replie progressivement sur elle-même, avec à sa tête un homme imprévisible certains disent même dangereux. Quant à la Russie, elle se rêve hégémonique.

Et entre les deux, notre Europe qui a rendez-vous une nouvelle fois avec son histoire. Une Europe qui doute et qui cherche un nouveau souffle, une Europe qui doit urgemment s’inspirer des leçons de sa propre histoire et puiser sa force et son énergie dans le sacrifice et l’exemplarité des femmes et des hommes qui se battus pour la paix.

En cet instant de commémoration, et à l’avant-veille de la remise du Prix Charlemagne au Président de la République français par la chancelière Allemande, comment ne pas avoir une pensée pour les mots écrits par Honoré d’Estienne d’Orves, à la veille de son exécution en 1941, et adressés à un autre allemand l’abbé Stock : «Je prie le Bon Dieu de donner à la France et à l’Allemagne une paix dans la justice, comportant le rétablissement de la grandeur de mon pays».

Merci à vous toutes et tous d’avoir partagé avec nous ce moment de recueillement, votre présence honore nos compatriotes qui ont donné leur vie pour la patrie.

Vive la République et vive la France !

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