Commémoration du 72e anniversaire de la Libération de Paris

Discours de Delphine Bürkli – Maire du 9e arrondissement de Paris – lors du la Commémoration du 72e anniversaire de la Libération de Paris, jeudi 25 août 2016

« Comme chaque année, à la fin de l’été, nous nous retrouvons pour commémorer le courage des hommes et des femmes qui ont libéré Paris. Mais, cette année, c’est dans un contexte difficile et bouleversé, confrontés au terrorisme djihadiste que nous célébrons les 72 ans de la libération de notre ville.

Après les odieux assassinats de Toulouse, il y a quatre ans – d’enfants tués à bout portant – notre ville et notre pays tout entier ont été violemment attaqués l’an dernier et de nouveau au cours de ces dernières semaines.

Commémoration du 72e anniversaire de la Libération de Paris, jeudi 25 août 2016

Commémoration du 72e anniversaire de la Libération de Paris, jeudi 25 août 2016

Commémoration du 72e anniversaire de la Libération de Paris, jeudi 25 août 2016

L’histoire se répète, donnant toujours plus de sens aux mots du Général de Gaulle. Paris, Paris outragé par l’attaque sanglante de Charlie en janvier 2015, visant notre liberté d’expression; Paris brisé par la prise d’otages meurtrière de l’hyper cacher, dénonçant notre liberté de culte. Paris martyrisé par la tuerie du Bataclan, menée par des hommes refusant la liberté d’agir et de vivre portée par la jeunesse de France.

Comme en 1940, la liberté, valeur fondatrice de notre République, devient la cible des plus grandes atrocités. Il y a quelques semaines encore, un couple de policiers était froidement assassiné à son domicile de Magnanville, pour son engagement au sein de nos forces de l’ordre. Les forces de l’ordre, ces mêmes soldats de la liberté qui combattaient à partir du 19 août 1944 afin de rendre à Paris sa liberté, donnent aujourd’hui leurs vies pour notre pays. Ils sont des milliers déployés partout en France, dans nos villes, dans nos arrondissements, dans nos rues. A travers vous, Commissaire Authamayou, Capitaine Lointier, je souhaite rendre hommage à vos hommes qui depuis des mois se donnent sans relâche pour assurer notre sécurité. J’ai une pensée particulière pour vous Lieutenant Mabilais et vos hommes du 19e régiment du génie de Besançon que nous accueillons à la Mairie du 9e et qui, par votre présence, votre sang froid, votre détermination et la qualité de votre engagement, veillent sur les habitants de notre l’arrondissement et de ses très nombreux visiteurs.

A tous, je souhaite rendre un hommage sincère. Nous avons basculé aujourd’hui dans un autre monde. Les défis qui sont devant nous sont immenses. Comme en 1944, nous avons besoin de toutes les forces de la Nation pour vaincre ce péril qui malheureusement prendra du temps. Après l’été meurtrier que nous venons de connaître, la tragédie de St Etienne du Rouvray avec l’assassinat du Père Jacques Hamel et l’ignominie de l’attentat de Nice, l’unité nationale et la fraternité sont les armes que nous devons sans cesse brandir.

Dans ce contexte lourd, le 22 juillet dernier, nous avons reçu avec mon premier adjoint Alexis Govciyan, en Mairie du 9e, le procureur de la République François Molins, le Préfet de Police de Paris Michel Cadot et la Préfete de Paris, Sophie Brocas pour signer le nouveau contrat de sécurité de l’arrondissement. La cohésion entre nos différentes entités est primordiale et je vous réitère, cher Commissaire, cher Capitaine, toute ma considération et toute ma confiance.

Si la menace est bien réelle, elle ne doit sous aucun prétexte devenir l’objet de clivage entre les parisiens, entre les français. C’est grâce à une fraternité infaillible que le peuple français se soulèvera et vaincra, comme ce fut le cas il y a 72 ans jour pour jour. C’est la France du Général de Gaulle, c’est-à-dire la France qui se bat, la seule France, le France éternelle, qui rendra aux français leur liberté.

Tout comme en 1944, lorsque les Parisiens et les Parisiennes se soulevaient pour rendre à la ville lumière ce qu’elle a de plus cher, sa liberté. Cet événement majeur de l’Histoire de Paris n’aurait pas existé sans l’héroïsme de ces milliers de français, prêts à mourir pour défendre notre devise, et notre drapeau. Dès 1940 et durant quatre ans d’occupation, les valeurs de la France ont été mises à mal. Notre devise, que vous pouvez lire, juste derrière moi « Liberté, Égalité, Fraternité » fut remise en cause aux noms d’idéaux racistes et antisémites. L’horreur et la honte ont envahi nos rues, envoyant à la mort tant d’hommes, de femmes et d’enfants.

Jusqu’à ce que l’insurrection commence ! Jusqu’à ce que la France de la résistance n’en puisse plus ! Jusqu’à ce que le peuple de Paris mène son dernier combat. La bataille, en plein cœur de la capitale, se jouait partout au sein du 9e arrondissement. Que ce soit autour de Notre Dame de Lorette, du Boulevard Haussmann, près de la place Saint Georges, aux abords de la Gare Saint-Lazare ou bien entendu autour de la place de l’Opéra, devenu pendant les années sombres, le siège Kommandantur, le 9e fut le théâtre de combats cruciaux. Et cela n’est pas un hasard. Notre arrondissement était en première ligne de la libération de Paris parce qu’il était, qu’il est, et qu’il demeurera l’arrondissement des libertés. Rappelons également que les habitants du 9e de l’époque et son Maire Paul Galland ont activement participé à la reconstruction de Falaise, de cette jolie ville normande dont une rue aujourd’hui porte le nom, en signe de reconnaissance et de gratitude : rue du 9e arrondissement de Paris.

Avec Alexis Govciyan, avec l’ensemble de l’exécutif municipal du 9e, nous avons décidé de faire du devoir de mémoire une véritable priorité de notre mandat. Ainsi, nous avons dédiée l’année 2015 à la Mémoire, un engagement que nous poursuivons en 2016 à travers de nombreuses manifestations et un véritable travail pédagogique auprès des élèves de l’arrondissement. L’aide des associations d’anciens combattants est essentielle. Cette année encore, vous accompagnerez de nombreuses classes d’élèves du 9e au ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe.

A la fin de l’année, j’aurai l’honneur d’inaugurer une exposition inédite dans nos salons Aguado, réalisée par le journaliste Alberto Toscano et intégralement consacrée à la presse des années 1936 et 1937, deux années cruciales, à partir desquelles où tout a basculé.

J’ai la conviction que c’est en multipliant des actions comme celles-ci que l’on est fidèle à ce que doit être le devoir de mémoire. Car oui, plus que jamais, en ces temps troublés, il ne faut pas oublier.

Demain, nous entrerons dans la campagne présidentielle, j’appelle de mes vœux un débat d’idées serein et ambitieux. Les défis de demain et la période historique que nous traversons nous obligent à mettre au cœur de nos priorités, les valeurs de notre République et au premier rang l’école et l’éducation. Le sursaut français passera par ces défis. Le passé nous prouve que lorsque le peuple français est uni dans la résistance, la victoire est a portée de main.

Fluctuat nec mergitur, ainsi est la devise de Paris.

Vive la République et vive la France ! »