Commémoration du 8 mai 1945

20140508-183819.jpgCommémoration du 8 mai 1945.

Discours de Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement
Maire du 9e arrondissement – 8 mai 2014

Si la tradition républicaine l’exige, cette cérémonie revêt avant tout pour moi une occasion – qui ne doit pas être manquée – de dire et de répéter ce que nous devons aux héros et aux victimes de la Seconde Guerre mondiale, et notamment à ces femmes et à ces hommes issus de notre arrondissement, dont les noms figurent sur ce monument aux morts.

Il y a 74 ans, les troupes allemandes se lançaient à l’assaut des Pays-Bas, de la Belgique et de la France après avoir violemment soumis les peuples polonais, tchèques et slovaques.

Cinq ans plus tard, cette seconde et terrible Guerre mondiale se terminait pour la France et pour l’Europe.

Cinq ans après, Robert Schuman signait « l’acte de naissance » de l’Union Européenne.

10 mai, 8 mai, 9 mai : 3 dates au fronton de notre Histoire, 3 dates pour la France, 3 dates pour tous les peuples européens.

Nous célébrons aujourd’hui tout à la fois : la fin d’une terrible guerre, une victoire et le début d’un nouvel espoir.

La fin d’une terrible guerre qui fût le combat de la liberté contre l’oppression, de la démocratie contre le totalitarisme, de l’humanité contre l’ignominie.

Puis, la victoire d’une certaine idée de la France qu’incarnaient le Général de Gaulle, les femmes et les hommes de la Résistance, Honoré d’Estienne d’Orves et les Compagnons de la libération, dont nous honorons actuellement la mémoire ici-même à travers une exposition que je vous invite à découvrir à l’issue de cette cérémonie dans les salons Aguado.

Il en fallut de l’audace, du courage et de l’ardeur pour libérer notre pays quand dans le même temps cet effort parut impossible à certains qui ont accepté la défaite, l’occupation et pour d’autres, la collaboration.

Nous célébrons également aujourd’hui le début d’un espoir : existe-t-il encore en 2014 une tâche plus primordiale que de contribuer à un monde de paix?

Nous qui vivons aujourd’hui au sein d’une Europe pacifiée, pour ceux qui n’ont pas connu l’appel sous les drapeaux ni même le service militaire, nous ne devons jamais oublier que nous devons notre liberté aux sacrifices de nos aînés.
La fin des conflits sur le sol européen n’a pas signifié la fin des combats dans lesquels la France a été engagée. Je pense notamment aux 12.500 militaires français qui, en ce moment même, risquent leur vie aux quatre coins du globe, du Liban à l’Afghanistan, de la Syrie au Mali … pour défendre le droit et la démocratie. Et je veux rendre hommage ce matin à ce sous-officier du 2e régiment étranger de parachutistes de Calvi, tué dans la nuit dans le nord du Mali. Son sacrifice a le sens de la liberté, qui nous rappelle que cette liberté est précieuse et toujours fragile, âprement gagnée et toujours vulnérable.
Souvenons-nous aussi de nos compatriotes victimes du terrorisme hors de nos frontières, qui ont payé de leur vie l’engagement de notre pays pour la liberté et pour la justice. Face à l’horreur de la violence aveugle, la France reste déterminée à défendre les valeurs qui fondent notre République.
En préparant ces quelques mots, je me suis arrêtée sur une phrase prononcée par l’Iman américain Hendi, du Conseil de Jurisprudence islamique de l’Amérique du Nord, au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Je souhaitais la partager avec vous et la dédier en particulier aujourd’hui au peuple ukrainien qui souffre :
« Les gens parlent d’abattre les murs qui les séparent. Je ne veux pas renverser les murs. Je veux plutôt transformer ces murs en tables, autour desquelles nous nous rassemblerions. »
Merci de votre attention.

Publié dans Actualités, Paris 9e
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Delphine Bürkli

Delphine Burkli Maire du 9e arrondissement de Paris
Conseillère de Paris