Comment répondre à la crise du logement à Paris ?

Le constat est sans appel : pour habiter Paris, après 13 ans de gestion municipale socialiste, il faut être, comme l’a si bien dénoncé Nathalie Kosciusko Morizet, « soit très aisé, soit très aidé ».

Soutenu par les élus de gauche, le projet de loi, porté aujourd’hui par Cécile Duflot, pour l’accès au logement et un urbanisme rénové (Alur), ne répond en rien à la crise du logement à Paris. En voulant traiter la conséquence du problème, à savoir la hausse des prix, le gouvernement ne s’attaque pas à la cause, le manque de foncier. Au final, ce texte aura un impact négatif sur l’offre locative et sur le niveau des loyers.

Rappelons tout d’abord que le 1er décret d’encadrement des loyers n’a eu aucun effet en 2012 à Paris. Selon l’institut CLAMEUR, qui a réalisé une simulation du nouveau mécanisme d’encadrement des loyers,  le dispositif ne profitera qu’aux locataires les plus aisés, ceux qui paient des loyers élevés. L’encadrement sera ainsi réservé à 23% du marché et aucune solution ne sera proposée aux locataires qui ont un taux d’effort élevé malgré des loyers inférieurs au niveau de déclenchement du dispositif (évalué à 28€/m² quand la moyenne s’établit à 24€/m²).

Au-delà, l’encadrement des loyers aura des conséquences néfastes sur l’entretien et l’amélioration des logements. Pire, l’offre nouvelle devrait se réduire car les bailleurs préféreront réaliser des plus-values en vendant leur patrimoine locatif privé. Un phénomène similaire avait déjà été observé en 1978 et en 1988.

Il est urgent d’agir pour répondre à la pénurie de logements dans Paris. Avec notre candidate pour Paris, Nathalie Kosciusko Morizet, nous proposons d’utiliser le plan d’investissements d’avenir afin de créer du foncier disponible en couvrant le périphérique, d’aller plus loin que l’alignement des immeubles et permettre de surélever des immeubles pour financer la transformation des bureaux en logements ou la transformation énergétique, et de proposer de recréer des logements intermédiaires en attirant les investisseurs institutionnels en baissant la TVA des prêts locatifs intermédiaires à 5%.

Je soumets nos propositions à votre appréciation. Merci de me faire part de vos remarques éventuelles sur ce sujet primordial pour les Parisien(ne)s.

Publié dans Paris 9e
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Delphine Bürkli

Delphine Burkli Maire du 9e arrondissement de Paris
Conseillère de Paris