Création de zones touristiques internationales [Intervention au Conseil de Paris de Septembre]

Au cours d’une séance de rentrée qui aura duré trois jours, Delphine Bürkli et Jean-Baptiste de Froment sont intervenus sur plusieurs sujets d’actualités concernant le 9e arrondissement.

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M. Jean-Baptiste de FROMENT. Conseiller de Paris.

Madame la Maire, il y a un dessin, paru très récemment dans un grand quotidien du soir, qui montre Martine AUBRY occupée à planter des épingles sur une poupée représentant Emmanuel MACRON, avec la légende suivante : « et Martine travaillait, travaillait à son terrible projet chaque jour, même le dimanche ». On pourrait remplacer « Martine » par « Anne », et on aurait un excellent résumé de votre emploi de ces derniers mois. Quelle énergie déployée à contrecarrer les projets d’un Gouvernement dont je rappelle, parce que cela ne saute vraiment pas aux yeux, qu’il est issu de votre propre famille politique.

Que de noms d’oiseaux échangés avec le jeune ministre de François HOLLANDE, que vous maudissez par presse interposée, refusant même, apparemment, de le rencontrer. Hélas, pour vous, toutes ces imprécations, tous ces exercices de magie noire ont été sans effet sur le cours réel des événements.

De ce combat d’arrière-garde contre le travail le dimanche, il ne vous reste que le surnom dont vous ont affublé les milieux économiques, celui de « jurassique Anne », pour vous être obstinée dans ce refus d’un autre âge, ce refus incompréhensible de donner aux magasins parisiens les plus fréquentés de la planète et qui emploient des dizaines de milliers de salariés la liberté, s’ils le souhaitent, d’ouvrir un jour de plus.

Le Gouvernement, en effet, n’a eu que faire de votre intransigeance, allant presque aussi loin que ce que nous avions proposé l’année dernière dans le cadre de la M.I.E. : il a décidé la création de 12 zones touristiques internationales, partout sur le territoire de notre ville.

Au-delà du fond, vous vous êtes plainte de la méthode, poussant le paradoxe jusqu’à invoquer dans une lettre le très libéral Benjamin Constant, dont il y a tout lieu de penser qu’il aurait été plutôt pour la liberté de travailler le dimanche. Vous l’avez invoqué pour vous plaindre du jacobinisme supposé de M. MACRON. Sachez, Madame la Maire, que M. MACRON a été plus respectueux des élus locaux, des élus de terrain, que vous ne l’avez été vous-même.

Dans les arrondissements, Madame la Maire, nous avons été tous étroitement associés à l’identification et à la délimitation des zones qui nous concernaient, élus de droite comme de gauche. Parmi les élus de gauche, je pense à M. GIRARD, à M. AIDENBAUM, à M. COUMET : tous, nous avons été écoutés et consultés par le ministre, parfois dès le mois de juillet.

Et c’est ainsi, par exemple, que dans le 9e arrondissement, nous avons, avec Delphine BÜRKLI, obtenu de Bercy que le quartier de Drouot, le cœur du marché de l’art parisien, soit intégré dans le périmètre de la Z.T.I. Haussmann, et nous nous en réjouissons.

Dans le même temps, Madame la Maire, vous étiez officiellement saisie des projets d’arrêtés préparés par le ministère et à aucun moment, vous n’avez jugé bon de nous demander notre avis. Mais tout cela est derrière nous. La question qui se pose et que je vous pose aujourd’hui, c’est de savoir quelle attitude vous comptez adopter désormais. Allez-vous persister dans votre bouderie et jouer l’obstruction jusqu’au bout, multipliant les occasions de contentieux, encourageant en sous-main une contre-attaque syndicale éventuelle, ou alors, allez-vous enfin prendre votre parti de ce qui a été décidé et à désormais force de loi, allez-vous vous engagez pour que ces Z.T.I. soient un succès, une chance pour Paris et pour les Parisiens, une chance pour l’attractivité, une chance pour l’emploi ? Voilà la question qui se pose.

Vous annoncez l’existence d’un observatoire. Sur le papier, c’est très bien, mais si j’ai bien compris, il s’agit d’un observatoire différent de celui annoncé par M. Macron, dont vous ne voulez pas, d’un observatoire anti-MACRON, en quelque sorte. Est-ce vraiment la façon la plus constructive d’aborder le problème ? N’est-ce pas encore une manière de rester au bord de la piscine pour critiquer ? Rassurez-nous, Madame la Maire, sur vos intentions.

La M.I.E. a fait un travail remarquable. Je salue le travail du président à mes côtés. Je rends à César ce qui est à César. Le problème, c’est ce qui a été fait du travail de la M.I.E. La réponse, c’est « rien ». Il a été confisqué parce qu’il allait préserver des déséquilibres internes à votre majorité sur le dos des Parisiens et de l’économie parisienne. C’est le premier point.

Le second point, c’est que vous ne répondez pas à la question. J’ai posé la question de l’avenir. Qu’allez-vous faire avec ces Z.T.I. ? Qu’est-ce que cet observatoire que Mme la Maire de Paris a annoncé ? Je suis dans l’après, dans la suite. Je ne ressasse pas comme vous des épisodes du passé et cette guerre que vous avez perdue face au Gouvernement. J’aurais aimé – et nous aurions aimé – avoir une réponse à cette question qui est quand même très importante : comment allez-vous accompagner le développement de ces Z.T.I. qui sont maintenant effectives, qui ont maintenant force de loi ?