Débat relatif aux négociations sur le partenariat transatlantique de commerce et d’investissement

Intervention de Delphine Bürkli, Maire du 9e arrondissement de Paris

Conseil de Paris – mardi 20 mai 2014

Madame la Maire,

A quelques jours des élections européennes, les élus de la gauche la plus radicale ont découvert un nouvel épouvantail… Le plus surprenant, c’est que vous-même, vous leur emboitiez le pas en vous y associant et en proposant un « vœu de synthèse ».

Je comprends votre volonté à tous, les uns et les autres, de tenter de récupérer les électeurs perdus de François Hollande à votre profit…

Mais enfin, soyons sérieux, nous discutons aujourd’hui d’un sujet de la plus grande importance qui mérite mieux qu’un débat politicien ou caricatural.

Je voudrais rappeler que la balance commerciale entre l’Union Européenne et les États-Unis est excédentaire à plus de 100 milliards d’euros : c’est 40% du volume commercial mondial. Les retombées économiques sont dès lors, extrêmement importantes pour l’Europe et notre pays.

Nous parlons ici d’économie, de croissance et d’emploi : il me paraît ainsi particulièrement irresponsable de votre part de proposer un moratoire sur les négociations.

Il y a en ce moment même des négociations pour mettre en place le nouvel accord de partenariat transatlantique entre l’Union Européenne et les États-Unis. J’insiste sur le mot « négociation » car le temps du débat démocratique viendra. Le traité sera ratifié par le Parlement Européen et par les parlements nationaux. Je ne doute pas que vous aurez, tous, des représentants – plus assidus, je l’espère pour vous, que M. Harlem Désir qui a brillé par son absentéisme au Parlement européen – pour participer aux différents débats.

Je peux comprendre cependant vos doutes, votre scepticisme – votre angoisse pour certains d’entre vous, sur la méthode de François Hollande, qui mène les négociations, qui a donné mandat à la Commission, qui a défini les périmètres de ce mandat et qui a plaidé, il y a quelques mois, à Washington, pour une accélération du processus. J’entends que cette impression de précipitation peut soulever légitimement chez vous, comme chez nous, des inquiétudes.

Et je comprends aussi votre fébrilité, quand on voit que le commerce extérieur a du être exfiltré de Bercy pour échapper à Arnaud Montebourg et le placer sous les hospices plus cléments de Laurent Fabius.

C’est vrai que François Hollande n’est pas Nicolas Sarkozy qui, lui sous son impulsion, avait su inclure le principe de réciprocité dans les négociations commerciales et imposer le principe de précaution qui permet aujourd’hui en France d’avoir un moyen efficace sur les normes sanitaires dans l’alimentation notamment.

Je termine en vous disant que nous serons très vigilants sur la réalisation de ce projet d’accord et je peux vous dire que, le moment venu, si ce traité présente le moindre risque sur nos intérêts, et en particulier pour Paris, nous nous y opposerons sans états d’âme.

Mais il est pour le moins surprenant que la Ville de Paris veuille se déclarer dès à présent « hors zone TTIP/TAFTA » alors même que les négociations viennent de reprendre.

Nous voterons donc contre ce vœu car vous sacrifiez à nouveau l’économie, la croissance et l’emploi sur le tapis rouge des discussions avec vos partenaires les plus radicaux.

Publié dans Actualités, Conseil de Paris, Economie
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Delphine Bürkli

Delphine Burkli Maire du 9e arrondissement de Paris
Conseillère de Paris