Grande réunion publique de Delphine Bürkli et ses colistiers. Le discours.

Le mardi 10 mars, Delphine Bürkli et ses colistiers étaient réunis à la Scène Parisienne pour revenir sur le bilan des 6 dernières années et présenter leurs projets pour la nouvelle mandature.

Grande réunion publique de Delphine Bürkli et ses colistiers, le 10 mars 2020.
Message de Jean-Baptiste de Froment, conseiller de Paris, lors de la grande réunion publique de Delphine Bürkli et ses colistiers, le 10 mars 2020.
Discours de Sylvain Maillard, député de Paris, lors de la grande réunion publique de Delphine Bürkli et ses colistiers, le 10 mars 2020.
Grande réunion publique de Delphine Bürkli et ses colistiers, le 10 mars 2020.

Vous n’avez pas pu nous rejoindre pour cette réunion ? Retrouvez ci-dessous le discours complet de Delphine Bürkli.

« J’ai choisi de vous retrouver ici, au théâtre de la Scène Parisienne dans le quartier du Faubourg Montmartre. Je n’ai pas choisi ce lieu par hasard. C’est une nouvelle adresse culturelle, dans ce quartier, vous le savez, qui a été meurtri par cette terrible explosion rue de Trévise. C’était le 12 janvier 2019. Et je pense à toutes celles et tous ceux qui ont perdu un proche, qui ont été blessés. Je pense évidemment à tous les habitants qui ont perdu leur logement et pour lesquels je me bats moi et toute mon équipe pour qu’ils regagnent leur lieu de vie et pour que ce quartier retrouve rapidement sa physionomie d’antan et sa joie de vivre.

Je vous parle de l’explosion de Trévise parce qu’elle marque pour moi une bascule, peut-être même une réflexion profonde sur ce qu’est la politique, son but et son dessein profond.

Avec mon équipe et des centaines d’habitants, qui spontanément ont fait preuve d’une grande générosité, nous nous sommes attelés à répondre à l’urgence, à accompagner, à réparer ce qui pouvait être réparable. La politique dans toute sa noblesse. La politique pour réduire les inégalités, la politique comme régulateur de notre société, si rude parfois à l’égard des plus faibles. La politique comme un outil du quotidien.

Et puis …. est venu le temps de la campagne électorale, étrange parenthèse où chacun reprend son masque sur lequel se dessine, la mauvaise foi, le mensonge, l’oubli, les vaines querelles partisanes, les violences verbales. Tout y passe pendant la campagne. Comme si tout devait être permis. Vraiment, je ne crois pas que tout soit permis.

Cette campagne un peu folle, qui ne ressemble à aucune autre, ne doit pas vous aveugler, ne doit pas vous faire oublier que pendant 6 ans nous avons servi avec passion avec dévouement tous les habitants du 9e.

Au risque de me répéter, je veux à cet instant remercier du fond du coeur mon équipe et les militants sur le terrain qui depuis des semaines ne comptent pas leurs heures, remercier aussi toutes celles et tous ceux qui chaque soir m’accueillent, pour des moments chaleureux et conviviaux. L’occasion pour moi d’avoir un échange direct avec les habitants pour leur présenter à la fois notre bilan et tous les projets que nous souhaitons développer dans les six prochaines années.

Quelques mots, en regardant dans le rétroviseur. En 2014, avant tout le monde, avant que cette idée ne devienne un modèle national, j’ai choisi de construire sur le rassemblement. Ouvrir ma liste à des personnalités de la vie civile, des acteurs locaux, parents d’élèves. Ils venaient du centre-gauche, ils venaient de la droite et du centre. Avec cette équipe, avec ces personnalités de talent nous avons transformé l’arrondissement. Et même s’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir, nous avons réussi notre pari.

Ce soir, je vais bien sûr vous présenter les grandes lignes de nos projets qui sont intimement liés à notre bilan. Des projets que nous lancerons dès que la parenthèse de la campagne sera refermée.

J’ai toujours pensé que nous pouvions faire de la politique autrement. Ce n’est pas un slogan mais une manière de regarder le monde et ses humains. J’accorde une place prépondérante à l’homme avec un H m’efforçant d’être à son écoute, de l’aider autant que je puisse le faire sans jamais me laisser dévorer par les contingences partisanes.

Je suis une femme libre et indépendante et j’accorde beaucoup d’importance à un mot qui disparaît le temps des campagnes : le mot « pragmatisme ». Une doctrine selon laquelle n’est vrai que ce qui fonctionne, se dit aussi de l’attitude d’une personne qui ne se soucie que d’efficacité. Nous avons eu à cœur d’être efficaces … au-delà des clivages politiques. C’est ma façon d’être.

Il faut, dit-on, le temps des campagnes, à Paris plus qu’ailleurs, rejoindre un camp ou un autre. Permettez-moi cette métaphore : les campagnes nous transforment en supporters de football, l’un est un fan passionné du PSG, l’autre un supporter hargneux de l’OM. Ils se détestent, c’est la règle …

Mais s’ils ne portaient pas des couleurs différentes, ils pourraient se parler, peut-être même échanger et pourquoi pas devenir ami et construire ensemble un avenir commun. Parce que ce qu’ils ont en partage : c’est l’amour du football. Moi ce que j’aime c’est le football, pas pour l’amour d’un club ou d’un maillot mais pour la beauté et l’intelligence de ce sport. Pour ses valeurs d’effort et de courage qu’il implique.

J’entends quelque fois, des mots, des petites phrases. Dans mon dos, on parle de trahison… Élément de langage bien facile quand vos adversaires n’ont rien trouvé d’autre à vous reprocher.

Qui ai-je trahi ?
Mes convictions : jamais,
Mes valeurs : pas le moins du monde.
Ai-je perdu en efficacité parce que j’aurais choisi la liberté plutôt que l’encasernement ?

Au contraire, depuis 2014, la diversité de mon équipe, mon ouverture d’esprit m’ont fait prendre à bras le corps les grands sujets de transformation de notre société, sans sectarisme idéologique et sans à priori. Je vais y revenir dans un instant…

Je voudrais juste vous citer cette petite phrase d’Alexis de Tocqueville qui dans son livre « Souvenirs » regarde la vie politique de son époque. Nous sommes en 1848. Voilà ce qu’il disait avec recul et clairvoyance en parlant de la classe politique parisienne : « Je perds le fil de mes souvenirs au milieu de ce labyrinthe de petits incidents, de petites idées, de petites passions, de vues personnelles et de projets contradictoires, dans lequel s’épuisait la vie des hommes publics d’alors ». Tocqueville si contemporain. Vous ne trouvez pas?

Depuis 2014, et même avant, j’ai toujours fait le choix du progressisme au dépend de valeurs étriquées, « de petites idées » comme dit Tocqueville et de rumeur d’alliance avec l’extrême droite qui me faisait et me font toujours craindre le pire.

La trahison est du côté de ceux qui ont perdu leurs valeurs les bradant au profit de petits et médiocres calculs électoraux. Et quand on n’a pas de programmes, pas d’idées, quand une partie des candidats sont parachutés, n’habitent pas l’arrondissement, ne connaissent pas notre territoire, ils n’ont plus qu’à la bouche, le mot trahison, révélant au grand jour leur vide programmatique.

Il y a six ans, j’avais l’intime conviction et je la porte toujours qu’il fallait transformer nos modes de vie. Le défi climatique était, il y a six ans, à notre porte, il est aujourd’hui entré de plain-pied dans notre vie quotidienne. Les parisiens attendent beaucoup de nous. Il faut que nous soyons à la hauteur de ce défi. Une de mes premières actions fut de végétaliser nos rues, de mettre du vert sur du gris. Nous sommes en mars, il y a déjà quelques fleurs qui ont fait leur apparition. Elles agrémentent notre vie quotidienne. Et c’est bien agréable.

A la place du goudron et du mobilier urbain, dans beaucoup de rue de l’arrondissement désormais, on voit la terre, la pleine terre. On peut même y voir des oiseaux. Un retour de la biodiversité dans notre arrondissement. Cela dépasse l’écologie du bien-être même si je préfère l’odeur des fleurs à celle des pots d’échappement.

D’ailleurs, 9 nouveaux projets de rue jardin sont prévus, j’ai donné le nom de ces rues dans mon programme, j’ai également programmé le complet réaménagement de la rue de Clichy, la végétalisation des axes La Fayette et Châteaudun et j’entends aussi créer un nouveau square, un nouvel espace vert dans l’arrondissement, dont nous avons tant besoin.

La voiture et sa pollution atmosphérique est un autre sujet de préoccupation majeure. Il est devenu un enjeu de campagne. Là aussi on clive, on simplifie, on vous demande de choisir votre camp. Pour ou contre la voiture ? Mais les plus radicaux oublient que certains parisiens sont piétons ou cyclistes le matin pour emmener leurs enfants à l’école, usagers des transports en commun pour aller au travail et automobilistes pour aller visiter leurs clients, leurs patients ou retrouver leurs parents.

L’un de mes combats et qui me semblent aujourd’hui plus que jamais urgent c’est l’interdiction des cars de tourisme diesel dans Paris. Leur nombre n’a cessé de croitre malgré les discours vertueux et moralisateurs de la maire de Paris sortante. Encore faut-il joindre le geste à la parole.

Notons qu’en plus des cars de tourisme, les véhicules de la Ville comme les bennes par exemple sont toujours polluants et contribuent largement à la pollution atmosphérique.

Il faut encourager les déplacements décarbonnés, sécuriser les pistes cyclables, avoir comme citoyens des attitudes vertueuses, mais ne pas punir ceux qui n’ont pas d’autres alternatives que d’utiliser leurs véhicules : artisans, livreurs, infirmières libérales et j’en oublie. Il faut démultiplier les bornes de recharge électriques, je ne reviendrai pas sur le fiasco de la Ville de Paris concernant Autolib. Et encourager enfin une politique fiscale volontariste pour passer de véhicules thermiques à des véhicules électriques.

La pollution atmosphérique, elle a des conséquences directes sur la santé. Je pense à nos enfants des crèches, des écoles maternelles et primaires, des collèges et des lycées. Je pense aux personnes âgées et fragiles. La pollution est un danger invisible mais bien réel.

Vous ne le savez peut-être pas, mais je suis la première élue parisienne à avoir installé des capteurs de pollution de l’air afin d’avoir un véritable tableau de bord et à avoir posé des purificateurs d’air dans toutes les écoles de l’arrondissement afin que les élèves mais aussi les enseignants et les personnels éducatifs puissent étudier et travailler dans les meilleures conditions.

Les questions de la qualité de nos aliments ont été aussi une de mes priorités. Depuis six ans, nous servons des repas bio en filière courte c’est à dire en utilisant des légumes cultivés en Ile-de-France, de la viande label rouge, du poisson issu de la pêche durable.

Enfin toujours dans cet esprit d’accompagner les changements de mode de vie, nous recyclons les déchets alimentaires. Pendant les six prochaines années, nous poursuivrons résolument notre action, visant 100% d’alimentation durable et 2 repas végétariens par semaine. En parallèle, nous ouvrirons deux nouveaux marchés alimentaires de produits bio et locaux ; rue Sainte Cécile et rue de la Trinité. Une éducation au goût, au recyclage, au respect des aliments dès le plus jeune âge permettra à nos jeunes élèves de pouvoir une fois devenue adulte être des acteurs de la transition écologique.

La sécurité et la propreté sont aussi deux axes forts de cette campagne. Là aussi, la mairie centrale n’a pas su organiser et rationnaliser afin que Paris, ville monde, puisse rayonner autrement que par ses nids de poules, ses travaux qui n’en finissent pas et ses rats dans les squares qui font que les familles hésitent à jouer dans ces lieux avec leurs enfants. J’ai d’ailleurs sur le budget de fonctionnement de la mairie du 9e, dû financer la dératisation de nos squares.

Et c’est là, qu’on arrive aux limites du système institutionnel parisien. Beaucoup de questions me sont posées sur la réalité des pouvoirs des maires d’arrondissement. Chaque réalisation, et je ne les compte plus, tellement elles ont été nombreuses, a été le théâtre et souvent le prétexte à des batailles administratives et bien entendu politiques avec la mairie centrale. Je vous renvoie à la petite phrase de Tocqueville. Mais je n’ai jamais rien lâché, opiniâtre, fidèle à mes convictions. Et c’est la raison pour laquelle nous avons réussi à faire bouger les lignes dans cet arrondissement.

Saleté, détritus, canettes, décharges sauvages, mégots de cigarettes. Dès mon élection j’ai décidé de frapper fort contre les mégots. Frapper n’est pas le mot juste puisque souvent les fumeurs par manque de cendriers jettent leurs mégots par terre ou pire pensant bien faire, dans les grilles d’égouts, faisant de ce mégot désormais le premier polluant de nos océans et de nos poissons.

Des cendriers très identifiés sont déjà installés, nous prévoyons d’en installer plusieurs centaines d’autres. Des mégots que nous recyclons et qui trouvent ainsi une deuxième vie dans un cycle vertueux.

Et là aussi – et je regarde mon équipe, nous avons été le premier et le seul arrondissement, à recycler les mégots et nous n’allons pas nous arrêter là.

Les questions de propreté et de ramassage de nos poubelles restent un sujet du quotidien plus technique qu’il n’y paraît car les dysfonctionnements sont liés intimement à la mairie centrale et à la mauvaise gestion du service propreté. Je souhaite une décentralisation de la gestion de nos déchets mais aussi des personnels de propreté et du matériel au niveau de l’arrondissement.

Enfin, et c’est assez lié, la question de la sécurité est un sujet majeur. Cela commence par les incivilités, le bruit des deux-roues motorisés, le bruit des terrasses, l’occupation intempestive de l’espace public et j’en passe. Il nous faut garantir à tous les citoyens la sécurité à travers une police municipale formée et armée. Elle est le pendant de la liberté.

Je ne voudrais pas être trop longue, mais encore une fois, il ne faut pas se tromper d’élection. Paris, ce sont 17 élections dans 17 arrondissements. À travers le travail de terrain que je mène sans relâche depuis 6 ans, je sais à quel à point notre action a transformé l’arrondissement.

Et je ne voudrais pas oublier la culture sous toutes ses formes. Elle est un supplément d’âme à notre quotidien. Elle est au coeur de ma politique. Parce qu’elle rassemble, elle est aussi une manière de penser le monde différemment, de souffler un peu tout simplement.

Dans notre arrondissement, arrondissement de la culture théâtrale, musicale, littéraire, j’ai voulu offrir aux habitants mais aussi aux élèves des écoles, le meilleur, en ayant recours au mécénat. Je resterai là encore fidèle à ce que je crois bon et utile pour les habitants du 9e et je continuerai à encourager tout ce que de près ou de loin peut contribuer à éveiller les esprits et, espérons-le, à nous rendre meilleurs.

Et je sais pouvoir compter sur de grands professionnels de la culture avec Tony Harrisson, Claire Gibault et Karine Paoli qui me font l’amitié d’être là ce soir. Et pour aller plus loin je vous propose d’ouvrir dans l’ancienne imprimerie de la cour Cadet, un nouveau conservatoire municipal de musique et de danse.

N’est-ce pas la plus belle récompense pour un maire d’avoir provoqué ces émotions, ces sourires et cette joie d’être ensemble. Alors que Paris a perdu au cours de cette mandature plus de 53.000 habitants, la population du 9e est, elle, restée stable, et des familles continuent à choisir notre arrondissement pour ses services, sa tranquillité, ses écoles, ses offres culturelles…

Je serai celle pendant 6 ans encore si vous choisissez de me réélire qui sera à vos côtés pour vous accompagner. Je continuerai à poursuivre nos projets environnementaux, éducatifs, culturels. Je serai celle que vous avez toujours connue. Une maire pragmatique, efficace et à votre écoute.

Je suis fière du travail accompli et j’entends, aux côtés d’Agnès Buzyn, amplifier mon action et transformer Paris les six prochaines années.

Je vous remercie pour votre soutien. Surtout à dimanche ! Je compte sur votre mobilisation ! »