Inauguration de la place Henri Salvador

Discours de Delphine Bürkli.
Paris, le 3 mai 2016.

Inauguration de la place Henri Salvador

Madame la Ministre,
Monsieur le Premier Adjoint à la Maire de Paris,
Chère Catherine,
Mesdames et Messieurs,

C’est un plaisir et un honneur pour moi d’être parmi vous aujourd’hui pour l’inauguration de cette place Henri Salvador. Aujourd’hui, les Parisiens lui rendent hommage à cet immense artiste du 20e siècle, en lui attribuant le nom de cette place emblématique du cœur artistique de Paris, au carrefour de 3 arrondissements. Avec mon ami et collègue du 1er arrondissement Jean-François Legaret, nous avions déposé un vœu au Conseil de Paris dès 2013 pour que le lieu ou nous sommes porte le nom de cet artiste grandiose que fut Monsieur Henri Gabriel Salvador. Je me réjouis que nous y soyons parvenus aujourd’hui.

Ce n’est pas un lieu pris au hasard, mais familier d’Henri Salvador, que nous avons choisi avec Catherine, à mi-chemin entre votre domicile, place Vendôme, et l’Olympia, ou il a fait ses premiers pas – en super forme – à 83 ans en 2001 et ou il a triomphé a proximité de la rue Caumartin ou il avait ses habitudes – si j’ose dire – culinaires. C’est ici – si vous me permettez cette note un peu personnelle – dans ce beau quartier de Paris, que nous nous sommes rencontrés, chère Catherine, au début des années 2000, nous avons souvent partagé la convivialité de bons et copieux repas dans un restaurant, tout proche, celui de notre ami et regretté Louis Deconquand, pour qui j’ai une pensé affectueuse en cet instant. C’est d’ailleurs après une soirée chez Louis, dans une ambiance chaleureuse et aimante, entouré de ses amis, qu’Henri nous a dit au revoir, à la veille d’une Saint Valentin, le 13 février 2008.

Je laisserai à Catherine le soin de revenir sur le parcours de l’homme de sa vie, de cet être exceptionnel devenu son époux le 26 novembre 2001, sur la destinée hors du commun d’un artiste aux multiples facettes et d’un conteur hors pair.

Il n’y a qu’une chose à dire face à un tel parcours : chapeau l’artiste ! Henri Salvador est aujourd’hui considéré – à juste titre – comme l’un des plus grands musiciens et guitaristes de jazz de sa génération. Il a marqué toute une génération dont je fais partie. En luttant contre le racisme dont il fut victime tout au long de sa vie, il est devenu le symbole de la tolérance, de l’ouverture et du partage. Henri Salvador a bercé notre enfance, mon enfance, avec ses chansons humoristiques mémorables lors de ses passages chez Maritie et Gilbert Carpentier ou encore avec l’inoubliable Émilie Jolie qu’il nous a si bien racontée.

Digne représentant de la France d’Outre-mer, il a marqué l’histoire de la musique francophone. La preuve en est, nous avons tous en tête une de ses chansons, de l’incontournable Chanson Douce que toutes les mamans de France et au-delà depuis 65 ans, continuent à fredonner à leurs petits, à Zorro ou Syracuse, jusqu’à ses dernières compositions.

Comment ne pas se sentir mélancolique et serein en écoutant ses dernières œuvres, notamment les superbes Jardin d’Hiver et Chambre avec vue ? Des mélodies qui invitent au voyage, à l’évasion, propices à la nostalgie. Après tout, quoi de plus normal pour celui qui avait tout vécu et n’avait plus rien à prouver, si ce n’est de nous faire découvrir, une fois de plus, toute l’étendue de son talent.

Mais, et c’est bien la spécificité d’Henri Salvador, il n’y a pas que sa musique qui s’est inscrite dans notre mémoire, il y a aussi sa personnalité. Nous entendons tous encore son rire, ce rire communicatif qui répandait la joie et la bonne humeur partout où il passait. Il avait obtenu ce que tous les artistes espèrent : être aimé par le milieu culturel, par le grand public et par les enfants. Il nous a tous bercé par ses compositions ou ses interprétations, à tous les âges il était là pour jouer avec nos émotions. Parfois il nous donnait le sourire, parfois il nous faisait venir les larmes. Chacun de nous a été touché par une de ses chansons.

Henri Salvador était surtout un homme de cœur, pour qui le partage et le don de soi était une évidence. Nombre de ses amis ici présents pourraient le confirmer, comme vous, cher Alain Delon, qui avez partagé de longues années d’amitié avec lui et pouvez attester de la générosité sans limite et du cœur immense qui caractérisaient cet homme d’exception.

En étant rassemblés ici aujourd’hui, nous honorons donc un artiste à l’œuvre et à la personnalité exceptionnelles. Voilà qui était Henri Salvador, un grand musicien, qui ne jouait pas seulement d’instruments mais aussi de sentiments.

Merci à tous pour votre présence.

Inauguration de la place Henri Salvador

Publié dans Actualités
Abonnez-vous à ma newsletter

Delphine Bürkli

Delphine Burkli Maire du 9e arrondissement de Paris
Conseillère de Paris