Inauguration d’une plaque en hommage à Serge Gainsbourg

Madame Charlotte Gainsbourg, Madame Jacqueline Gainsbourg, Madame Liliane Zaoui, Madame Jane Birkin, Cher Monsieur Porte, Cher Cédric Dalmasso, Chers amis,

Je suis très heureuse, fière et honorée d’être parmi vous aujourd’hui et d’inaugurer cette belle plaque, en l’honneur d’un immense artiste, un être exceptionnel resté dans le cœur des Français, Monsieur Serge Gainsbourg. De son nom de naissance, Lucien Ginsburg, Serge Gainsbourg est un enfant de la capitale. Il a toujours eu un attachement particulier pour le 9e arrondissement. Il y a vécu, durant 15 ans, à partir de l’âge de 4 ans jusqu’a son entrée dans l’âge adulte, jusqu’à 19 ans, ici même, au 11 bis rue Chaptal, en famille.

En posant cette plaque commémorative nous rendons hommage à un artiste de génie. Gainsbourg a laissé derrière lui une œuvre hors du commun. Il méritait d’être honoré dans son quartier, c’est chose faite ce matin, entre le romantisme de la Nouvelle Athènes et le côté canaille de Pigalle. Un quartier qui lui ressemblait si bien. Et je remercie sincèrement sa famille, en particulier sa fille Charlotte que j’ai sollicitée il y a quelques mois de nous avoir donné son accord pour apposer ce matin cette plaque.

Le 9e arrondissement, c’était pour Serge Gainsbourg le quartier idéal. Le quartier des musiciens. En vivant ici, il s’inscrivait parmi les habitants les plus illustres, comme Frédéric Chopin qui fut voisin en son temps, et pour lequel il avait une admiration immense. De la rue des Martyrs, à la rue Chaptal en passant par le square de la Trinité où il jouait au ballon, Gainsbourg aimait follement ce quartier dont il connaissait les moindres ruelles. Les plus anciens du quartier se souviennent d’ailleurs de ce jeune homme timide et rêveur !
Inauguration plaque Gainsbourg

C’est ici, que Gainsbourg trouve ses premières inspirations musicales. Mais c’est surtout dans ici qu’il passe sa jeunesse et sa scolarité. D’abord à l’école maternelle juste en face, durant 2 ans, puis à l’école élémentaire du 9 rue Blanche durant 5 ans et enfin au lycée Condorcet. Le jeune garçon marque d’ailleurs son passage par quelques bêtises mémorables comme le jour où il casse un carreau de l’école maternelle avec son petit fusil à air comprimé.

Les années passent, Gainsbourg développe son goût pour les Arts. Il dévore les BD, particulièrement celles de Mickey et Robinson, qui lui donnent le goût de la lecture. Il porte un intérêt de plus en plus grand pour le dessin et la peinture, grâce à ses cours de dessin à l’académie de Montmartre.
Parallèlement, son père, Joseph Ginsburg, met un point d’honneur à lui apprendre le piano. Parce que chez les Ginsburg, la musique est en fait une vraie religion ! Avec une mère chanteuse au conservatoire russe et un père pianiste, Serge Gainsbourg a déjà la musique dans le sang.

Il monte ainsi sur scène pour la première fois de sa vie rue des Martyrs, au Cabaret Madame Arthur, suivant les traces de son père.

Ce qui compte pour Gainsbourg, c’est avant tout de devenir un artiste. Un peintre d’abord pendant quelques années, mais ne laisse malheureusement aucune trace de ses œuvres.

Mais, l’adolescence de l’artiste est rapidement bouleversée. Notre pays plonge dans ses heures les plus sombres, la France de Pétain collabore au régime nazi et comme tant d’autres familles juives de l’arrondissement – un arrondissement où l’âme juive est si prégnante – les Gainsbourg, sont obligés de quitter l’appartement familial pour se réfugier à Limoges.

Et je veux profiter de cet instant pour commémorer également un acte de bravoure, qui force l’admiration. Les habitants du 1er étage de cet immeuble –M et Mme Fiancette- ont tendu leur main à la famille Gainsbourg, durant ces heures les plus noires de notre Histoire. Lorsque la famille part pour fuir la guerre, leurs chers voisins acceptent de cacher leurs meubles, leurs souvenirs et leurs objets au sein même de leur appartement. Grâce à eux, lorsque les Gainsbourg reviennent en 1944, Serge a 16 ans, ils retrouvent cette part d’eux même, qu’ils avaient été contraints de laisser derrière eux.

Je sais, qu’ils ont été nombreux, dans le 9e, à résister, et je veux leur exprimer ma très sincère reconnaissance et profonde admiration. Je pense aussi à tous ces enfants et ces jeunes qui ne sont pas revenus de l’enfer des camps et dont le nom est apposé au fronton de toutes les écoles, de tous les collèges et les lycées de notre arrondissement.

S’il ne nous a pas accordé de contempler ses peintures, Gainsbourg nous a offert d’innombrables chefs d’œuvre de la musique française. Je retracerai avec vous, ce soir, lors du vernissage de l’exposition qui lui est consacrée à la Mairie du 9e, le formidable parcours de cette icone du 20e siècle qui a commencé ici, dans cet immeuble, dans le 9e.

Alors nous sommes fiers – nous sommes fiers que l’empreinte de Serge Gainsbourg reste à jamais inscrite dans notre arrondissement. Nous sommes fiers que le 9eme arrondissement ait été, et reste encore, le berceau de la Culture parisienne. C’est donc une chance immense pour moi d’être devant vous aujourd’hui, pour rendre hommage à Monsieur Serge Gainsbourg.

Je remercie une nouvelle fois tout particulièrement sa famille d’être parmi nous. Je sais que c’est une grande émotion pour vous, de revenir ici, ou vous avez, Chères Jacqueline Gainsbourg et Liliane Zaoui, vécu à ses côtés. Je remercie également la copropriété de l’immeuble à travers Monsieur Porte, ainsi que Cédric Dalmasso de nous avoir accompagné dans beau ce projet.

Je vous invite à partager le verre de l’amitié, dans le jardin du superbe musée de la vie romantique qui se trouve juste ici, au 16 rue Chaptal, dans quelques instants. Merci à tous d’être venus, et à ce soir pour un vernissage tout en poésie et en musique !

Inauguration plaque Gainsbourg

Inauguration plaque Gainsbourg

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Publié dans Actualités, Culture, Paris 9e
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Delphine Bürkli

Delphine Burkli Maire du 9e arrondissement de Paris
Conseillère de Paris