Intervention au Conseil de Paris sur le « Bouclier social »

Monsieur le Maire,

Vous nous proposez ici une mesure prenant place dans un dispositif que vous appelez : « bouclier social ».

Un bouclier social, on l’imagine comme une série de mesures tendant à protéger les Parisiens sur le plan social, et le moins qu’on puisse dire est que l’on est déçu. Qu’avons-nous ici ? Une aide proposée aux Parisiens, bien dérisoire sur le fond en plus d’être indécente dans la forme.

Car ce « bouclier social » est déjà troué de toute part avant même d’avoir servi car c’est, trop tard, trop peu surtout trop peu sincère.


Trop tard sur l’intention :

La crise a touché notre pays et les Parisiens en 2008 or avez-vous jamais procéder à une baisse générale des tarifs des cantines depuis ? La réponse est non ! Au contraire, vous avez fait voté deux délibérations en février et en juillet pour augmenter ces tarifs. Alors, comme par miracle, vous proposez à partir du 1er janvier, moins de 3 mois avant les élections, une baisse des tarifs ; électoralisme avez-vous dit ? Premier trou dans le bouclier.

Trop peu au regard des chiffres :

En effet que représente véritablement cette baisse de 2 % pour les familles dont vous attendez la reconnaissance électorale dans les semaines qui viennent ? Rien ou presque rien, puisqu’en réalité vous baissez des tarifs à hauteur de 2% que vous aviez augmenté de 2% en début d’année. Opération nulle.

L’impact sur les familles relevant de la tranche tarifaire la plus basse est particulièrement frappant, c’est un gain de quelques centimes par mois que généreusement vous proposez.

Pour les familles relevant de la tranche 1, l’économie par enfant et par repas sera très exactement de 1 centime ! Soit 20 centimes d’économie pour tout un mois ! N’est pas le Père Noël qui veut.

Il est vrai que pour les familles de 3 enfants, cette économie grimpe à 48 centimes.

Mais il ne s’agit pas que de la tranche tarifaire la plus basse : même lorsque l’on prend le cas d’une famille moyenne de la tranche intermédiaire (la tranche 4 sur une grille qui en compte 8), le gain au mois de janvier prochain d’une famille avec 1 enfant qui mange à la cantine, sera de 5 centimes par repas, soit 80 centimes par mois. Si cette famille moyenne compte 3 enfants, le gain de cette famille grimperait à 2 euros et 40 centimes !

Vous insultez les parisiens en croyant acheter leur vote par une décision trop tardive pour ne pas être opportuniste et trop dérisoire pour ne pas être cynique. Second trou dans votre bouclier.

Enfin, et surtout, trop peu sincère. Car enfin nous parlons de budget et la sincérité, quoi que vous en pensiez, est aussi un principe budgétaire.

D’un point de vue budgétaire, cette décision n’offre aucune garantie pour l’avenir. Vous diminuez les recettes à un moment de forte contrainte budgétaire alors que vous savez qu’une nouvelle augmentation des tarifs devra intervenir bientôt.

En résumé vous sacrifiez le budget de la Ville tout en n’aidant pas les Parisiens dans leur vie quotidienne. Cette perte de recettes vient grever un peu plus le budget de la Caisse des Ecoles, une perte que nous vous demandons de compenser à travers notre vœu.

C’est le troisième trou dans votre bouclier.

Cette proposition est donc inefficace et trompeuse. En 2014, nous proposerons aux Parisiens de changer complètement de politique, la communication seule et l’habillage ont fait leur temps.

DASCO 197

Publié dans Conseil de Paris
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Delphine Bürkli

Delphine Burkli Maire du 9e arrondissement de Paris
Conseillère de Paris