Intervention de Delphine Bürkli sur le dispositif Paris-Med

Depuis maintenant plusieurs années, la Ville de Paris n’attire plus les médecins généralistes. C’est un fait et l’évolution de la démographie médicale doit nous inquiéter. Nous avons pris l’habitude d’entendre parler de désert médical pour les campagnes. Mais en proposition, nous pourrons très bientôt utiliser cette expression – désormais consacrée – pour parler de Paris, qui, bien loin d’être exempte de ce phénomène, est touchée de plein fouet.

En effet, d’ici 5 ans, certains arrondissements pourraient perdre jusqu’à 50% de leurs généralistes en secteur 1. Ce n’est pas un phénomène abstrait ou anecdotique, c’est une réalité. Dans le 9e arrondissement, ce sont 46% des généralistes (« omnipraticiens » dans le jargon médical) qui disparaîtront dans les 5 ans à venir selon l’étude Demomed (menée par l’Agence Régionale de Santé, la Région Ile de France et l’Assurance maladie) qui a été dévoilée ici-même à l’Hôtel de Ville le 28 janvier 2014. Ce chiffre évocateur est révélateur de la situation que l’on peut qualifier de critique et imminente. 5 ans, c’est demain.

Nous le savons tous, l’accès aux soins de premier recours est une priorité vitale pour tous les habitants quel que soit leurs âges et leurs conditions. C’est un problème de santé publique, car si l’espérance de vie a augmenté depuis 50 ans, l’espérance de « bien vieillir », elle n’augmente pas, voire régresse par rapport aux autres capitales d’Europe du Nord.

En tant que Maire du 9e arrondissement, je mène, avec mon exécutif municipal, un travail de recensement des besoins au niveau local. Concrètement, nous sommes en train de cartographier les quartiers d’intervention prioritaire du 9e ainsi que les locaux disponibles. Car il est urgent d’agir pour garder nos médecins et pour en attirer de nouveaux, en particulier les plus jeunes dans les quartiers faubourg Montmartre et Rochechouart, qui en manquent fortement.

Si les cabinets médicaux généralistes se font de plus en plus rares, et notamment les médecins de secteur 1, ce sont d’abord et avant tout les populations vulnérables que sont les familles, les seniors, les mères élevant leurs enfants seules, les personnes handicapés … qui sont mises en danger. Pour les habitants du 9e arrondissement, et les Parisiens en général, je refuse cette tendance qui est trop souvent présentée comme une fatalité.

Je soutiens donc ce dispositif pour nos quartiers en formant le vœu que le budget qui y sera alloué sera à la hauteur des enjeux.