Intervention de Delphine Bürkli sur les cars de tourisme

Intervention au Conseil de Paris Le 15 décembre 2014.

A l’occasion du débat budgétaire hier, j’ai à nouveau déploré l’absence totale de politique touristique à Paris, et à tous les niveaux. Sécurité, travail le dimanche, attractivité, signalétique et transport.
L’exécutif socialiste, par cette absence de stratégie touristique, considère les touristes comme des contribuables à taxer à la moindre occasion, malgré un service qui n’est pas à la hauteur.

Ce projet de délibération en est l’illustration. La question des cars de tourisme est un sujet passionnant… que vous réduisez malheureusement à un strict débat budgétaire.

Nathalie Kosciusko-Morizet vient de vous le démontrer parfaitement : l’objectif est de garder à Paris les cars de tourisme les plus polluants pour générer des recettes supplémentaires. Cynique, sans nul doute très efficace mais quel mépris pour la qualité de vie des Parisiens.

Car, malheureusement, lire les interviews de la Maire de Paris, ce sont toujours des espoirs déçus. Et ses engagements sonnent comme des « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Et sur les cars de tourisme, nous n’y croyons plus.

Évidemment, nous sommes d’accord pour dire qu’il faut restreindre l’accès à Paris des véhicules les plus polluants. Mais quelques jours plus tard, vous nous présentez un projet de délibération qui prévoit simplement de faire payer plus les véhicules les plus polluants. C’est d’ailleurs totalement contre-productif ! Les sociétés vont préférer payer ce droit à polluer plutôt que de faire évoluer leur flotte.
Malheureusement, tout cela n’est pas pensé. Parce que vous n’avez aucune vision du tourisme à Paris, et encore moins des flux générés.

Nous avons besoin des touristes et nous avons besoin de véhicules adaptés pour les emmener jusqu’à Paris. La question, c’est comment faire en sorte de limiter la pollution visuelle, sonore et atmosphérique? Comment ne pas créer des embouteillages? Comment gérer leur stationnement?

Vous nous expliquez aujourd’hui qu’il faut augmenter les tarifs.

Je vous réponds pourquoi pas… mais à condition d’aller plus loin, à travers des aménagements à court et à moyen terme.

A court terme, il est urgent d’interdire la circulation sur les petits axes résidentiels. Je prendrai pour illustrer mon propos un exemple que je connais bien : les grands magasins du boulevard Haussmann.
Les autocars s’engouffrent dans les rues perpendiculaires au boulevard Haussmann pour déposer les touristes au plus près des portes des grands magasins. Ces rues ne sont pas adaptées et ils génèrent des nuisances terribles pour les riverains !

J’ai d’ailleurs écrit, dès ma prise de fonctions, à la Maire de Paris pour lui demander que la circulation et le stationnement des cars soient circonscrits au boulevard Haussmann, dont la largeur permet d’accueillir le trafic dans des conditions pas trop mauvaises. Cette proposition n’a malheureusement pas été prise en compte par son cabinet qui m’a envoyé une fin de non recevoir.

A moyen terme, comme vous l’a démontré Nathalie Kosciusko- Morizet, tout est à inventer, tout est à imaginer. Des navettes fluviales ou électriques, des aménagements aux frontières de Paris : peu importe, à partir du moment où il y a une volonté de gérer les flux et d’apaiser les nuisances subies par les Parisiens.

La Maire de Paris a expliqué qu’elle n’acceptait plus de voir Paris complètement encombré d’autocars. Je veux qu’elle sache, même si elle n’est pas en séance, qu’il y a des Parisiens qui ne le supportent plus.
Nous sommes tous d’accord sur le constat, mais vous pensez que les actes peuvent attendre. C’est un véritable clivage entre nous : nous pensons qu’il est urgent de lutter contre les particules fines à Paris, avec des mesures comme l’interdiction des cars les plus polluants.