Intervention sur la propreté au Conseil de Paris

Intervention de Delphine Bürkli sur la propreté lors du Conseil de Paris du 5 février 2018.

Si on analyse objectivement la situation de la propreté à Paris, on constate assez vite que le service rendu est totalement partiel aujourd’hui : efficace uniquement sur certaines missions et à certains moments de la journée. Pour moi, tout l’enjeu de « Paris Objectif propre », pour reprendre le titre de votre communication, c’est que la propreté soit un réel service public de qualité toute la journée, sur l’ensemble du territoire, et qu’il réponde aussi parfaitement que possible à l’évolution des attentes et des besoins des Parisiens.

Comme le disait Pierre-Yves BOURNAZEL il y a quelques instants, on ne découvre pas le problème ce matin. Cette année encore, la propreté de Paris est toujours en attente de sa mue matérielle, de sa mue technologique, mais aussi de sa mue en termes de ressources humaines, de management, d’organisation du temps de travail. Je ne développerai pas sur ce sujet, Gypsie BLOCH, Julie BOILLOT et Florence BERTHOUT l’ont dit justement avant moi.

A plusieurs reprises, dans ce Conseil, depuis 2014, j’ai eu l’occasion de dresser un constat objectif de la situation, de vous dire d’avoir une approche globale de l’entretien de l’espace public et de la rue dans son ensemble, de l’entretien de la chaussée aux pieds d’arbres, de regrouper les services de la propreté, de la voirie, des espaces verts, pour créer un pilotage efficace avec une direction d’exploitation déconcentrée dans tous les arrondissements.

Est-ce que Paris est sale aujourd’hui ? Evidemment oui, mais, globalement, Paris est surtout mal entretenue.

Je voudrais rappeler à notre Assemblée qu’il faut des mois, voire des années, pour que des feux tricolores abîmés soient réparés – j’en ai fait la malheureuse expérience -, sans parler de l’éclairage public ou de panneaux de signalisation totalement vétustes. Est-ce normal ? La réponse est non. Ce renoncement, cette négligence, donnent une impression de laisser-aller et de saleté.

Je plaide aussi pour que l’espace public soit traité en cohérence et sans distinguer l’espace public de l’espace municipal ouvert au public – je pense aux squares et aux jardins, les espaces verts. Si les rats, qui ont été extrêmement présents dans notre hémicycle ce matin, sont aussi nombreux dans les squares, c’est parce que le nettoyage est plus que lacunaire. Il n’y a pas un seul agent au sein de la DEVE pour nettoyer les squares, mais des cantonniers, dont l’une des missions prioritaires est de le faire. Ils le font vraiment insuffisamment. Dans le 9e arrondissement, si nous ne faisions pas appel à un marché de nettoyage avec une entreprise de réinsertion, je n’ose pas imaginer l’état de ces lieux.

Au-delà des communications au Conseil de Paris et toute l’organisation du service qu’il faut revoir, la M.I.E., présidée par Florence BERTHOUT, vous donne l’opportunité de revoir tout ce dispositif. Il s’agit pour vous de ne pas passer à côté, je l’espère et je vous en remercie.