Intervention sur le Plan Biodiversité

Intervention de Delphine Bürkli sur le Plan Biodiversité.
Conseil de Paris – Mars 2018

Madame la Maire, vous lancez ce matin un vaste Plan Biodiversité. S’il y a bien un sujet où nous sommes tous d’accord, c’est de verdir la Capitale et de réintroduire en ville la nature qui lui est aujourd’hui parfaitement hostile. Personne ne peut être contre. Seulement voilà, tout est question de volonté politique et d’actions concrètes. Et là, le compte n’y est pas.

Pour ne pas être trop dure dans la critique, cela fait maintenant deux années pleines qu’il n’y a aucun Plan Biodiversité à l’échelle de Paris, donc aucune action concrète entreprise. Vous allez me répondre que beaucoup de choses ont été engagées depuis 2011, mais malheureusement ce n’est pas exact et vous avez d’ailleurs l’honnêteté de le reconnaître dans le bilan. Chaque action y est répertoriée avec en regard son état d’avancement et on constate assez rapidement qu’il ne s’est pas passé grand-chose.

Si je vous parle de volonté politique, c’est parce que, sur la biodiversité, il ne faut pas seulement des vœux pieux, pas seulement des espaces de végétalisation, il faut de vrais investissements, Madame la Maire, pour protéger et développer la diversité biologique.

Dans le 9e arrondissement de Paris, j’ai conclu dès le début de la mandature un partenariat avec la Ligue de protection des oiseaux et, au-delà de la labellisation de tous nos squares en refuges LPO, l’association nous conseille sur nos projets de végétalisation. En ayant ce partenariat avec cette belle et grande association, j’ai été très frappée de voir la complexité du sujet, bien sûr, mais aussi le fait que les services techniques de la Ville de Paris n’y sont pas forcément sensibilisés. Si le « zéro phyto » est rentré dans les habitudes professionnelles, il faut aller plus loin.

Pour résumer, sur la biodiversité, il faut vraiment passer à la vitesse supérieure. Je vais vous donner l’exemple du recours aux plantes du bassin parisien. La Ligue de protection des oiseaux insiste beaucoup sur la nécessité de réintroduire cette flore indigène, c’est-à-dire des plantes qui poussent à quelques kilomètres de la Capitale, donc pas besoin de les faire venir en avion. Sur ce point, c’est vraiment le parcours du combattant pour obtenir que les arbres abattus et que les végétaux utilisés dans les espaces verts soient remplacés par des espèces indigènes.

Madame KOMITÈS, je vous avais adressé un courrier sur ce sujet et vous m’avez très aimablement adressé une réponse très positive me disant que ce sujet était bien amorcé depuis 2011. Pourtant, à chaque fois qu’un arbre est abattu, on me propose de le remplacer par une essence américaine ou asiatique, et jamais par une espèce du bassin parisien, probablement parce que ces arbres coûtent moins cher.

Un mot également sur la pollution lumineuse qui tue des populations d’oiseaux et d’insectes diurnes. Même constat : l’action était bien dans le Plan Biodiversité de 2011, j’ai vérifié et il ne s’est pas passé grand-chose mis à part une expérimentation dans le 13e arrondissement.

Alors je vous propose ce matin un amendement pour concrétiser les engagements. En 2021, le nouveau contrat de performance énergétique va être passé et je vous invite à profiter de ce contrat pour que Paris soit exemplaire sur ce sujet. Je voudrais vous rappeler que 30 % des vertébrés et plus de 60 % des invertébrés vivent la nuit, et que la lumière impacte négativement le rythme biologique. Il y a des actions simples à mener, des expérimentations passionnantes également à entreprendre et je pense que ce serait un beau signal adressé à la biodiversité si ce prochain contrat sur l’éclairage public était non seulement un contrat de performance énergétique, mais aussi performance pour la diversité biologique. J’espère que nous pourrons nous retrouver sur ces différents points.

Je veux, à mon tour, saluer la présence et l’action remarquable d’Allain BOUGRAIN-DUBOURG. Merci, Allain.