Intervention sur le plan biodiversité

Intervention au Conseil de Paris
Mardi 20 mars 2018
Vous lancez ce matin un vaste plan biodiversité. S’il y a bien un sujet où nous sommes tous d’accord, c’est bien de verdir la capitale et de réintroduire en ville la nature  qui lui est aujourd’hui hostile.
Personne ne peut être contre. Seulement voilà, tout est question de volonté politique et d’actions concrètes. Et là le compte n’y est pas.
Pour ne pas être trop dure dans la critique, cela fait deux années pleines maintenant qu’il n’y aucun plan biodiversité à l’échelle de Paris, donc aucune actions concrètes entreprises.

Alors vous allez me répondre que beaucoup de choses ont été engagées depuis 2011. Ce n’est pas exact. Et vous avez d’ailleurs l’honnêteté de le reconnaître dans le bilan. Chaque action y est répertoriée avec en regard, son état d’avancement. Et on constate assez rapidement qu’il ne s’est pas passé grand-chose.
Et si je vous parle de volonté politique, c’est parce que sur la biodiversité, il ne faut pas seulement des vœux pieux, pas seulement des espaces de végétalisation. Il faut de vrais investissements pour protéger et développer la diversité biologique.
Dans le 9e arrondissement, j’ai conclu dès le début de la mandature un partenariat avec la Ligue de Protection des Oiseaux. Au-delà de la labellisation de tous nos squares en refuges LPO, l’association nous conseille sur nos projets de végétalisation.
En travaillant à ce partenariat avec cette belle et grande association depuis 2014, j’ai été très frappée de voir la complexité du sujet bien sûr, mais surtout le fait que les services techniques de la Ville de Paris n’y sont pas forcément sensibilisés. Si le zéro phyto est rentré dans les habitudes professionnelles, il faut aller plus loin.
Pour résumer, sur la biodiversité, il faut vraiment passer à la vitesse supérieure.
Je vais vous donner l’exemple du recours aux plantes du bassin parisien. La Ligue de Protection des Oiseaux insiste beaucoup sur la nécessité de réintroduire cette flore indigène – c’est à dire des plantes qui poussent à quelques kilomètres de la capitale (pas besoin de les acheminer en avion). Et sur ce point, c’est le parcours du combattant pour obtenir que les arbres abattus ou que les végétaux utilisés dans le espaces verts soient remplacés par des espèces indigènes.
Madame Komitès, je vous avais un courrier sur ce sujet, et vous m’aviez adressé une réponse très positive, me disant que ce sujet était bien amorcé depuis 2011. Pourtant, à chaque fois qu’un arbre est abattu, on me propose de le remplacer par une essence américaine ou asiatique. Jamais par une espèce du bassin parisien.
Un mot également sur la pollution lumineuse qui tue des populations d’oiseaux et d’insectes diurnes. Même constat, l’action était bien dans le plan biodiversité de 2011 et il ne s’est pas passé grand-chose, mise à part une expérimentation dans le 13e arrondissement.
Je vous propose ce matin un amendement pour concrétiser les engagements. En 2021, le nouveau contrat de performance énergétique va être passé. Je vous invite à profiter de ce contrat pour que Paris soit exemplaire sur ce sujet.
Je voudrais vous rappeler que 30 % des vertébrés et plus de 60 % des invertébrés vivent la nuit. Et que la lumière impacte négativement leurs rythmes biologiques. Il y a des actions simples à mener, des expérimentations passionnantes à faire. Je pense que ce serait un beau signal adressé à la biodiversité si ce prochain contrat sur l’éclairage public était non seulement un contrat de performance énergétique mais aussi de performance pour la diversité biologique.
J’espère que nous pourrons nous retrouver sur ces propositions. Pour conclure, je salue à mon tour l’action remarquable de la LPO et de son Président Allain Bougrain Dubourg.