Intervention sur le zonage pluvial. 

Intervention de Delphine Bürkli sur le zonage pluvial. 
Conseil de Paris – Mars 2018

Bien sûr, comme mes collègues maires d’arrondissement, je suis totalement pour le zonage pluvial, tout à fait favorable à l’idée de rendre la ville perméable pour que le moins d’eau possible ne soit rejeté dans les égouts. La vraie question qui se pose et qui n’est pas abordée par ce joli film est « en avons-nous aujourd’hui les moyens » ou plutôt « allez-vous mettre les moyens nécessaires à son application ? »

Reformulée autrement mais concrètement, je voudrais savoir si M. PENINOU et Mme BLAUEL, rapporteurs de ce projet de délibération, avaient ou allaient demander à Christophe NAJDOVSKI s’il pouvait mettre des moyens supplémentaires aux solutions techniques alternatives qui vont devenir obligatoires.

Prenons concrètement l’exemple d’un aménagement dans le 9e arrondissement pour lequel le zonage pluvial a été étudié avant l’obligation : le réaménagement de la rue Blanche.

Nous avons, et Christophe NAJDOVSKI le sait, programmé la création de jardinières en pleine terre et l’élargissement des trottoirs pour un budget de 828.000 euros, et le surcoût du zonage pluvial pourrait faire augmenter, si nous l’appliquions, le budget de 100.000 euros. D’où mes interrogations sur la capacité de la Ville à financer ces solutions techniques car il me semble difficilement imaginable d’augmenter le coût de 8 %, alors même que les budgets dédiés à l’entretien diminuent, et que des économies importantes sont demandées via la fameuse Commission dite « COPOEP ».

Tout cela ne me paraît pas très logique, d’où mon amendement sur le financement du zonage d’assainissement car, en vérité, il serait plus raisonnable, pour être plus efficace, de le mettre en place progressivement, et uniquement pour certains aménagements.

Je voudrais également vous signaler que ce sujet crée des inquiétudes légitimes chez les habitants, ce sont les infiltrations d’eau dans les immeubles. Cela arrive régulièrement aujourd’hui. Qu’en sera-t-il demain quand des milliers de mètres cubes d’eau s’infiltreront dans le sol parisien ? Avez-vous pris en compte ces inquiétudes et pouvez-vous y apporter une réponse convaincante ?

Enfin, pour conclure mon propos, je regrette vraiment que vous n’ayez pas pris le temps de nous réunir, maires d’arrondissement en priorité, pour nous présenter cette délibération. Cela nous aurait permis de répondre aux interrogations, voire d’adapter votre dispositif aux enjeux budgétaires pour les mois à venir et qui sont réels.