Intervention sur les mobilités à Paris

Intervention sur les mobilités.
Conseil de Paris
 – Juillet 2018

Aujourd’hui, beaucoup de choses ne fonctionnent pas en termes de mobilité à Paris et pas seulement Vélib’ 2 ou Autolib’. Que l’on soit à pied, en voiture, en transport en commun, bus ou métro, en deux-roues, motorisés ou pas, il faut bien le reconnaître : on étouffe et on bouchonne.

Il n’y a pas non plus assez d’infrastructures pour sécuriser la pratique du vélo. Pire, vous avez mis en place les vélos sans avoir une vision globale de ce que peut être le réseau à l’échelle de Paris, ce qui, finalement, a le don de mécontenter tout le monde, y compris des associations de cyclistes.
Ajoutez à cela les scooters électriques, les trottinettes, les vélos en libre-service tolérés sur l’espace public, pourtant prioritairement dévolus aux piétons. Résultat : une perception anarchique qui, malheureusement, déresponsabilise bon nombre d’utilisateurs. Constatez le nombre croissant de personnes qui, sur leurs scooters, électriques ou pas, sur leurs vélos, trottinettes, roulent sur les trottoirs, au mépris de la sécurité des piétons et au mépris des règles de la sécurité routière.

Aujourd’hui, ces questions de mobilité ne touchent plus seulement les personnes âgées mais tout le monde. C’est, je pense, le défi n° 1 d’un territoire comme Paris. Se déplacer, échanger, communiquer, c’est absolument essentiel. Malheureusement, le sentiment que donne votre politique, c’est que tout s’impose à vous et que, finalement, vous ne maîtrisez pas grand-chose.
Vous dites récupérer l’héritage du passé sans pourtant parvenir à le faire évoluer : je pense bien sûr à Vélib’ et à Autolib’, des services qui symbolisaient la mobilité à Paris et qui ont été littéralement sacrifiés.

Vous donnez aussi le sentiment d’un laisser-aller et d’un laisser-faire, tel un Adam Smith qui ne s’assumerait pas, en vous disant que tout se régulera à un moment donné. Or, le problème, c’est que cette stratégie qui est la vôtre depuis 2014 a donné les résultats que l’on sait : la mobilité a été fortement dégradée. Je pense à la vitesse commerciale des bus, tombée à un niveau plus que préoccupant, ou encore à la congestion de la ville.

J’ai des chiffres qui nous ont été donnés par Ile-de-France Mobilités. On devrait être à 13 kilomètres heure, nous sommes à 8 kilomètres heure.

Très tôt dans la mandature, je vous ai proposé d’avancer ensemble sur le concept de péage urbain ; de donner un signal-prix à l’utilisation de la voirie parisienne pour financer l’espace public, les transports en commun et la mobilité du futur à travers une redevance symbolique ; de faire le choix de rendre les déplacements en véhicule individuel un peu plus chers ; de mieux gérer le flux de camions de livraisons ; de mieux gérer les cars de tourisme ; de faire le pari des parkings-relais, chers à la présidente de Région, Valérie PÉCRESSE ; et de financer les modes de transports alternatifs. La mobilité du futur nécessite en effet des investissements, des bornes de recharge électrique, des stations pour le G.N.V., l’hydrogène, ou encore des garages à bus équipés. En ce sens, les collectivités locales ont une très forte responsabilité pour engager le financement de la recherche et du développement des entreprises et des « start-up » ; une responsabilité également à engager une politique touristique digne de ce nom, respectueuse de l’environnement, respectueuse des Parisiens en mettant en place des navettes non polluantes, beaucoup plus accueillantes pour le transport de nos nombreux visiteurs. Aujourd’hui, à Paris, force est de constater que le compte n’y est pas.

Depuis 2 ans seulement… Je tiens à rappeler le calendrier parce que nous attendons beaucoup de la Région Ile-de-France et d’Ile-de-France Mobilités- mais je rappelle que le nouvel Exécutif régional a été mis en place en janvier 2016- la Région Ile-de-France et Ile-de-France Mobilités sont déjà au rendez-vous de l’histoire avec un plan d’investissement inédit d’une flotte de bus non polluante à horizon 2025 ; 30 % d’ici 2020. Elle est aussi au rendez-vous en mettant en place un système de location de vélos électriques en longue durée ou en encourageant le covoiturage. La Ville de Paris doit accompagner ces évolutions en réalisant les aménagements de voirie nécessaires, dont c’est la responsabilité, pour que la vitesse commerciale des bus – cette fameuse vitesse commerciale ! – augmente et que les vélos puissent circuler en sécurité sur notre territoire.

Alors, avec les autres membres de mon groupe et, je crois, au-delà, en entendant un certain nombre d’entre vous, notre proposition, c’est qu’à compter d’aujourd’hui, vous mettiez la priorité sur la mobilité avec un plan d’urgence pour les aménagements de voirie, la réfection des chaussées – il y en a bien besoin – et la création d’aménagements pour les vélos.
Ce sont des conditions essentielles pour promouvoir une ville en perpétuel mouvement.