N’oublions pas l’échec de la candidature de Paris 2012

Les JO 2012 ont été un succès. Outre les formidables performances sportives – notamment françaises – qui ont jalonné cet événement, ces JO nous ont éblouis par leurs couleurs et la joie qui s’en dégageaient.

Ces jeux, c’est aussi la victoire de la métropole londonienne, qui a su tirer le meilleur de ce qu’elle est pour montrer au monde entier une ville dynamique, belle, moderne, internationale. En un mot, attractive. Une ville qui organise les JO a un message à faire passer. Celui de Londres est clair et a été compris de tous : Londres est une ville internationale à l’énergie libérée.

La capitale anglaise a profité de ces JO pour développer des projets structurants : en choisissant l’est de Londres comme lieu d’implantation des jeux, la ville a permis de régénérer l’une des régions les plus défavorisées du pays. Aidé par le gouvernement, la ville de Londres a également profité de l’événement des JO pour transformer un quartier situé à proximité du parc olympique qui abritait il y a encore dix ans des usines de textiles et des imprimeries en « hub créatif » dédié aux start-up dans le domaine des nouvelles technologies et des énergies vertes. Ce lieu dédié, appelé « Silicon Roundabout », est en passe de devenir la première pépinière d’entreprises innovantes d’Europe. Au final, ces Jeux olympiques auront assuré la promotion de cette ville cosmopolite du 21e siècle en tant que lieu touristique mais aussi comme une destination attractive pour l’investissement étranger.

Ce succès de Londres 2012 doit nous interpeller, nous habitants et amoureux de Paris, sur l’échec de la candidature de Paris 2012. Pour masquer son échec, Bertrand Delanoë – rappelez-vous en 2005 – avait maladroitement moqué le fair play britannique … Cet échec, nous continuons à le payer cher : alors que le projet du grand Paris patine, qu’aucun grand projet économique ou scientifique n’est sorti de terre à Paris depuis onze ans, les jeux olympiques auraient pu être le levier permettant de donner naissance à une nouvelle métropole. Boostés économiquement par les dizaines de milliers d’embauche et galvanisés par l’organisation de cet événement planétaire, Paris aurait eu une occasion historique d’entreprendre, d’inventer, de créer. Et il nous serait revenu à nous, habitants et politiques de Paris, héritiers d’Haussmann, d’écrire un nouveau pan de l’histoire de notre ville.

Londres nous a montré le chemin, celui d’une municipalité qui construit son avenir en soutenant les initiatives privées s’inscrivant dans des projets globaux. Celui d’une ville qui créé des synergies en s’appuyant sur la créativité de sa population. A nous désormais de relever le défi.

Tribune du 24 septembre 2012