L’avenir des cinq squares du 9e en question : l’exemple du square Montholon

Le square Montholon, jusqu’à ces dernières années, c’était un lieu de tranquillité, un havre de paix pour les habitants et les familles de l’arrondissement.

Avec les squares Adolphe Max, d’Estienne d’Orves, Alex Biscarre et Anvers, Montholon est l’un des rares « poumons verts » de l’arrondissement pour ses 60.000 habitants et les milliers de personnes qui viennent y travailler au quotidien.

Depuis dix ans, aucun de ces espaces verts n’a bénéficié de travaux d’envergure pour être plus accessible et agréable, aucun square supplémentaire n’a été crée, alors que, dans le même temps, la population de l’arrondissement a beaucoup augmenté.

Le square Montholon souffre d’un manque d’entretien, en plus d’être dangereux : jeux dégradés, campements sauvages, bagarres et consommation d’alcool à toute heure, détritus divers et périlleux, comme des seringues usagées à la portée des enfants. Cette situation génère de graves crises sanitaires et éducatives, sans parler des risques de sécurité pour les 2.000 enfants qui fréquentent ce square.

C’est la raison pour laquelle une intervention des services municipaux est indispensable et celle-ci, qui relève de la pleine responsabilité de la Mairie, n’a que trop tarder. Et pourtant … cela fait plus d’un an que les parents du quartier se mobilisent pour dénoncer cette situation. La pétition « Sauvons Montholon » lancée par un collectif de parents du quartier, a été largement signée par de très nombreux habitants.

Depuis lors, le dialogue avec la Mairie et les habitants réunis en conseil de quartier reste inopérant, parce que les élus socialistes refusent l’évidence : l’urgence de rétablir un gardiennage à la journée comme il en existait un avant 2001.

Devant cette situation de blocage, j’ai porté en juin dernier, ce dossier au Conseil de Paris pour proposer une requalification globale du square, avec pour objectif un lieu agréable et sécurisé et demander de renforcer d’urgence le gardiennage et les services de nettoyage du square. Car, au-delà du square Montholon, c’est  bien l’avenir des cinq squares de l’arrondissement qui est en jeu. Nous devons faire preuve de vigilance et rester mobilisés pour que ces endroits appréciés des habitants ne deviennent pas des zones de non droit.

Tribune du 6 juillet 2012

Bertrand Delanoë privilégie l’économie subventionnée à la création de richesses et d’emplois à Paris

Monsieur le Maire,

Tout d’abord, je vous demanderai de ne pas caricaturer mes propos sur ce que je m’apprête à vous dire. Il ne s’agit pas ici de remettre en cause les entreprises de l’économie sociale et solidaire, dont l’existence remonte à plusieurs décennies, et qui jouent un rôle dans le retour à l’emploi des populations les plus fragiles.

Cependant, votre soutien financier en faveur de structures parapubliques, comme « Paris Initiatives Entreprises » qui ont vocation à soutenir ces entreprises n’est pas exempt de critiques au regard des résultats timides qu’elles affichent dans ce domaine en matière d’insertion des parisiens en difficulté.

Quand une collectivité engage pour une structure associative, comme ici, plus d’un demi million d’euros, dont la moitié est consacrée à subvenir aux frais de fonctionnement, notamment pour l’entretien d’un siège social dans le 8e arrondissement, on peut s’étonner de la distorsion entre le but affiché de cette structure et son train de vie supposé.

Disant cela, et devant cette situation qui laisse à désirer sur la gestion des deniers publics, nous sommes en droit en application de l’article L.1611-4 du Code général des collectivités territoriales, de demander un contrôle financier et de l’activité de cette association. N’ayant pas obtenu d’informations comptables en préparant l’examen de cette délibération, ni de bilan d’activités pour 2010, je vous demande d’exercer ce pouvoir et de confier à la Direction du développement économique et de l’emploi cette mission d’audit, ce qui, je l’espère, sera de nature à lever utilement toutes nos interrogations légitimes et nos doutes sur les activités de cette association.

L’an dernier, en 2010, la plate-forme « Paris Initiative Entreprises », mis en place par Christian Sautter, a fêté ses dix ans d’existence et nous avons appris alors qu’avaient été financés sur cette période près de 300 entreprises, dont une quarantaine dans le secteur de l’économie sociale et solidaire, soit près de 300 emplois. Ces chiffres, je les tiens des services de Madame Dagoma, en mai dernier qui ont été présentés à l’occasion d’un CICA à la Mairie du 9e.

En soutenant « Paris Initiatives Entreprises », ce sont 600.000 euros par an qui sont prélevés sur le budget de la Ville de Paris, pour 30 entreprises aidés et 30 emplois sauvegardés par an, soit plus de 6 millions d’euros en 10 ans pris dans la poche des parisiens, pour des résultats en matière d’emplois qui ne sont pas à la hauteur.

En plus des 6 millions d’euros consacrés en dix ans, on le sait, la Ville de Paris soutient d’autres structures coûteuses qui aident au financement, à l’accompagnement et au lancement d’entreprises solidaires et qui traitent finalement du même sujet que « Paris Initiatives Entreprises » au travers de partenariat de la Ville avec l’Association pour le droit à l’initiative économique, la boutique de gestion de Paris Ile de France, et aussi à travers les huit coopératives d’activités et d’emplois parisiennes.

Autant reconnaître par conséquent qu’il y a un problème dans votre politique de soutien à ces entreprises, qui ne portent pas ses fruits.

Depuis dix ans, vous empilez les subventions, à coup de millions d’euros, en faveur de dispositifs qui ne créent pas ou peu de richesses dans Paris.

Au regard de ce bilan décevant, nous sommes légitiment en droit de nous demander si le partenariat que vous nous demandez de renouveler aujourd’hui via cette délibération, est à la hauteur des défis de la Ville de Paris en matière de dynamisme économique et de développement des entreprises en faveur de l’emploi.

Précisément, pour revenir au cœur de cette délibération, les charges de cette association sont passées à 1 million d’euros cette année, soit une augmentation de 20%, quand l’activité de l’association progresse avec une augmentation de 18% du nombre de prêts décaissés et 19% du nombre de garanties bancaires accordées, ce qui s’est traduit par une création ou une consolidation de 356 emplois en dix ans.

Quel est le train de vie de cette structure pour nécessiter 20% d’augmentation des frais de fonctionnement ? On aurait pu imaginer compte tenu de la crise économique qui n’a pas épargné Paris depuis 3 ans, que le budget investissement aurait légitimement primé sur le fonctionnement.

Pouvez-vous nous préciser aussi la proportion d’emplois parapublics créés avec l’aide de Paris Initiatives Entreprises, et la proportion, à l’inverse, d’emplois marchands ? J’ai bien peur que ces constats, si vous nous en faisiez part, soient frappants, puisqu’ils démontreraient inévitablement que vous vous focalisez sur des emplois qui n’apportent pas de valeur ajoutée. Là encore, c’est un double échec de votre politique, en matière de la création de richesse et de  création d’emplois.

Avec un taux de chômage en hausse de 2% en 2010 à Paris, avec près de 3.000 entreprises qui ont été touchées par un redressement judiciaires ou une liquidation l’an passé, avec le départ de Paris de nombreux sièges sociaux de grandes entreprises pour la proche banlieue, plus que jamais, nos entreprises ont besoin d’être soutenues, non pas dans une logique d’économie aidée, subventionnée, comme vous le faites, mais dans une logique économique vertueuse, qui les aide à se développer.

Conseil de Paris du 11 juillet 2011

Réforme des tarifs des conservatoires municipaux

A la lecture de ce projet de délibération, j’avoue m’interroger sur les motivations politiques qui vous ont animées pour proposer une telle hausse des tarifs dans les conservatoires municipaux d’arrondissement.

La réforme, que vous nous présentez aujourd’hui,  tend immanquablement à minimiser l’enseignement musical à Paris et à créer un rapport élitiste à l’art en voulant restreindre l’accès aux conservatoires à tous les enfants, qu’ils soient issus des classes  intermédiaires de Paris ou les plus modestes. Qui peut croire en effet que diminuer les tarifs de 33 à 40 centimes d’euros par moins pour des parents qui gagnent un SMIC est un effort de démocratisation ?

Au-delà, et je le regrette, vous réduisez la question essentielle de l’accessibilité à la musique à un débat purement financier sans apporter la moindre réponse sur les difficultés d’accès à la culture à Paris pour les familles.

Mais, dès lors que vous prétendez agir pour les Parisiens, que ce soit pour le logement, le transport, les tarifs dans les cantines scolaires, ou ici pour l’enseignement de la musique, vous employez les mêmes mots, et la même rengaine idéologique qui ne date pas d’hier, mais du siècle dernier, et qui consiste à, « prendre aux riches et donner aux pauvres ». Et être riche à Paris, dans la terminologie socialiste, c’est toucher 4.000 euros par mois, ce qui concernent toutes les familles moyennes qui tirent leurs revenus de leur seul salaire, et qui ont d’ores et déjà subi une augmentation des impôts locaux de 25 % en deux ans.

Après une hausse continue des tarifs dans les conservatoires entre 2006 et 2011, il est difficile de justifier cette nouvelle annonce d’augmentation, qui je précise, s’est faite sans concertation avec les  directeurs de conservatoires ou des parents d’élèves et alors que la Ville de Paris vient d’engranger au titre des droits de mutation en 2010, des recettes importantes, à hauteur de 1 milliard d’euros. Pourquoi ne pas avoir utilisé cet argent pour l’ouverture de nouveaux conservatoires dans Paris, ou répondre au défaut d’entretien dans certains bâtiments, ou encore utiliser cet argent pour aider les familles à acheter les partitions ou les instruments?  En somme, pourquoi ne pas créer un véritable service public donnant un accès gratuit aux conservatoires municipaux pour les enfants issus des familles les plus modestes?

Résultat, si la diminution de 33 centimes d’euros par mois ne changera rien au quotidien des familles les plus défavorisées, la pression sur le budget des familles est réelle puisque les tranches 4, 5, 6, 7 et 8 augmentent jusqu’à 56% dans des proportions qui n’ont aucun rapport avec l’inflation. Et le tarif varie du simple au septuple selon le quotient familial appliqué.

Alors, traduction sur le budget d’une famille avec deux enfants dont les revenus s’élèvent à 6.000 euros et plus, ce qui est le cas de la majorité des familles dans le 9e, il lui en coûte 204 euros par an supplémentaire pour la cantine scolaire, et 200 euros par an en plus pour inscrire ses deux enfants au conservatoire, soit une augmentation de 424 euros dans le budget du ménage pour l’année et une perte réelle de pouvoir achat.

Au-delà, votre réforme ne permettra pas d’accueillir plus d’enfants dans les conservatoires pour la bonne raison qu’il n’y a plus aucune place dans ces structures, qui dispensent un enseignement répondant à des normes très précises. Prenons l’exemple du 15e arrondissement, qui pour une population de 235.000 habitants, propose seulement 1200 places dans le conservatoire d’arrondissement, et où ma collègue Hélène Macé de Lépinay, y dénonce depuis des mois les insuffisances : pas de régisseur, absence d’entretien des locaux, pas de piano de concert depuis des années, et insuffisance de ses crédits d’animation.

Quant au 14e arrondissement, où le conservatoire accueille 1200 élèves pour 900 places, pourquoi ne pas avoir écouté ma collègue Marie-Claire Carrere Gée qui vous proposait de prévoir un nouveau conservatoire à Broussais ou à Saint-Vincent de Paul ? Quid également de l’extension du conservatoire Baudelic dans le 18e arrondissement, toujours pas réalisé ?

La réalité, c’est que votre politique est en déphasage complet avec l’évolution de la sociologie parisienne, cette réalité parisienne, où dans la plupart des arrondissements, il faut compter aujourd’hui entre 8.000 et 10.000 euros le m² pour acquérir un logement ou s’acquitter d’un loyer de 1.400 à 1.500 euros en moyenne pour un logement de 50m² dans le privé, galèrer pour trouver un parking à moins de 250 euros mensuels, nourrir, habiller ses enfants, les éduquer, il n’y a plus d’argent dans le ménage pour les « extras » c’est-à-dire ces activités qui donnent accès aux enfants à l’art, à la musique, aux sports qui sont aussi essentielles pour leur développement et leur ouverture aux autres.

Au lieu d’aider au maintien du pouvoir d’achat des Parisiens, votre politique – qui matraque fiscalement les familles et augmente tous les tarifs des services municipaux – prive les enfants d’activités culturelles parce que les parents galèrent pour boucler les fins de mois.

C’est la réalité, et c’est la raison pour laquelle je ne voterai pas cette délibération.

Délibération au Conseil de Paris du 16 et 17 mai 2011

Adoption du PLH

Monsieur le Maire, après avoir été soumis à notre examen lors du Conseil de novembre, le Programme local pour l’habitat sur lequel nous devons définitivement nous prononcer aujourd’hui demeure pour le Groupe UMPPA auquel j’appartiens, inapte à résoudre la profonde crise du logement qui sévit à Paris.

Une crise du logement qui reste le point noir de vos dix années de mandature. Votre politique en la matière ne convainc pas et est fortement critiquée par 74% des Parisiens, dans un des derniers sondages publiés par le JDD en mars dernier.

Ainsi que Jean-François Lamour le soulignait,  lors de l’examen de la nouvelle convention de délégation d’aides à la pierre, les élus UMPPA ne pourront prendre la responsabilité de soutenir pour les cinq prochaines années une politique partiale, qui laisse tant de Parisiens au bord de la route et constitue une grave erreur stratégique pour l’avenir de la capitale.

Car oui, Monsieur le Maire, vous pratiquez une politique d’exclusion. Et la liste des exclus s’allonge au fil des années :

–         les classes moyennes, d’abord. La réalité aujourd’hui, c’est qu’un couple avec deux enfants aux revenus moyens, selon les critères de l’INSEE, c’est-à-dire pour un revenu mensuel autour de 4.000 euros, que ce soient des enseignants, des employés, des agents de la Ville, ceux qui servent la Capitale, qui y travaillent, qui en font sa diversité et sa mixité, et bien ces personnes ne sont plus prioritaires dans l’accès au logement social. Et ces gens là qui sont tout sauf des CSP+, ils ne s’en sortent plus financièrement et sont contraints de quitter la capitale pour la banlieue. Voilà la réalité !

Je me souviens des engagements des socialistes, ceux de Bertrand Delanoë en 2008, dont la presse s’était fait largement l’écho, où il disait « je ferai plus de logements pour les classes moyennes ». Résultat, tous les anciens PLI sont déconventionnés et nous ne disposons plus de logements intermédiaires pour loger des familles d’employés ou d’ouvriers qui en ont besoin.

Dans le 9e par exemple, on constate une implantation des logements sociaux PLUS et très sociaux PLAI, bien supérieure à la moyenne d’autres arrondissements. La logique actuelle n’attire pas et surtout ne retient pas les classes moyennes dans l’arrondissement.

–         les familles ensuite, car le PLH soumis à notre débat ne propose de réserver que 35% des logements pour les quatre pièces et plus, alors que la part des ménages de 3 à 4 personnes ne cesse de croître parmi les demandeurs (plus de 27% en 2009 selon une étude de l’APUR).

–         Les seniors, souvent seuls et qui n’arrivent plus physiquement à se maintenir dans leur domicile mais qui aspirent, plus que tout, à rester dans leur quartier quittent Paris, parce que les places en EPHAD sont insuffisantes – seules 800 places sont prévues dans le PLH.

Je considère que le logement social se doit de répondre à la demande d’un large éventail de la population et de parvenir à un meilleur équilibre de peuplement pour que la mixité sociale soit vraiment respectée.

Mois après mois, préemption après préemption, votre politique détruit le fragile équilibre urbain entre logement privé et logement social portant entrave à toute diversité de l’offre. Regardez ce qui se passe dans le 13e ou le 19e, où le seuil imposé par la loi SRU de 20% de logements sociaux, est largement dépassé à plus de 35%.

A tout cela s’ajoute l’image dégradée du logement HLM, marquée par les problèmes de vie quotidienne. Et vous n’êtes pas sans savoir que les habitants sont de plus en plus nombreux à subir au quotidien des incivilités et des nuisances en termes de sécurité notamment.

A aucun moment dans ce PLH, vous ne prenez pas en compte la dégradation de leur environnement, le mauvais état d’entretien des immeubles de la Ville. Votre priorité devrait être d’assurer un cadre de vie décent pour les locataires. Il ne s’agit pas de faire du chiffre mais de la qualité.

Et quid des équipements de proximité qui doivent accompagner les programmes de logements ?

Vous le voyez, la liste des exclus est bien longue, sans compter les 120.000 demandeurs qui frappent à la porte du logement social.

En dix ans, vous avez fait du logement la première préoccupation des Parisiens.

Le Groupe UMPPA avait émis de nombreuses propositions lors des débats de novembre, nous déplorons de ne pas avoir été entendus et voterons en toute cohérence contre ce projet.

Cession de l’immeuble communal du 21 rue Blanche

C’est non sans un certain étonnement que j’ai découvert la semaine dernière ce projet de délibération, qui vise à vendre un des joyaux du 9e arrondissement, l’immeuble du 21, rue Blanche, qui abrite un hôtel particulier et un jardin, au passage, l’un des rares espaces verts de l’arrondissement, et dont la Ville est propriétaire depuis 1968.

Je regrette à la fois le procédé employé par le maire de Paris, de se défaire d’un bien immobilier important et qui aurait pu être utilement affecté aux Parisiens, et plus grave encore regrette que la Ville ait choisi de le brader à 5 millions d’euros.

Sur la décision du Maire de se séparer de ce bien, j’avoue ne pas en comprendre les raisons : cet immeuble constitue un bel ouvrage dans le 9e arrondissement, il a abrité pendant près de 50 ans la célèbre école de théâtre dite de la rue Blanche, et la façade est inscrite à l’inventaire des Monuments historiques. Je suis d’autant plus surprise que la Mairie nous a promis pendant des années monts et merveilles pour l’affectation de cet immeuble. Encore lors de la campagne municipale de 2008, vous aviez promis aux Parisiens d’y installer un bel équipement public, voire des logements, lorsque de mon côté je proposais aux habitants du 9e l’ouverture au public d’une fondation pour l’art contemporain, une « villa médicis » ouverte à tous les arts, dans cet arrondissement qui reste le cœur de l’activité artistique de Paris, en donnant accès libre au jardin.

Les arguments en faveur de cette décision que j’ai entendus lors du dernier conseil du 9e arrondissement de la part de l’exécutif municipal, qui laisserait la possibilité au Maire d’influer sur la destination de l’immeuble voire d’imposer vos volontés n’ont bien sur aucun fondement juridique et ne m’ont pas convaincu.

Autre problème et non des moindres, le prix de la transaction, à hauteur de 5,2 millions d’euros, sur lequel vous vous êtes mis d’accord avec le promoteur, est pour le moins décevant pour les Parisiens, quand on connaît l’explosion des prix de l’immobilier dans Paris, et en particulier dans cet arrondissement.

Je me suis prêté, avec l’aide des instruments mis en place par les Notaires de Paris, à une estimation de ce bien. Avec 1.105 m² de surface utile, et 10.000 euros au m² estimés pour le secteur Notre-Dame de Lorette, Blanche, Martyrs, au 4e trimestre 2010, on arrive à un prix de marché théorique de 11 millions d’euros pour ce bien. Mais vous me direz, ce prix ne tient pas compte de l’état de délabrement de l’immeuble, un état que France Domaines a du prendre en compte dans son estimation.

Mais alors devant la dégradation de l’immeuble, des questions se posent : comment en est-on arrivé à cette situation de délabrement ? Comment le Maire de Paris a pu laisser un élément de son patrimoine devenir comme il l’est aujourd’hui ? Pourquoi aucun travaux de réhabilitation n’a été engagé depuis dix ans ? Et pourquoi n’est-on jamais passé des discours aux actes ?

La réponse est en partie dévoilée par l’exposé des motifs, puisqu’il est mentionné qu’un squat de cet immeuble de près de deux ans aurait retardé, pour dire les choses poliment, les projets de la Ville.

Ce que le projet de délibération ne dit pas, c’est que vous avez légalisé ce squat en 2001 en prenant la décision de suspendre l’ordonnance d’expulsion du Tribunal. Et vous avez laissé perdurer une situation intolérable pendant près de deux années, pendant lesquelles les riverains de la rue Blanche et du 34, rue de Clichy, ont subi des nuisances inacceptables

Au final, combien ce squat aura coûté au final aux contribuables parisiens ?

D’une certaine manière, la réponse nous l’avons aujourd’hui, puisqu’en vendant ce bien dans cet état aujourd’hui, la Ville a un manque à gagner de 6 millions d’euros.

En 2003, la Ville a récupéré un immeuble dans un triste état et depuis cette date, vous n’en avez rien fait, et ce bâtiment a été laissé à l’abandon. C’est une drôle de gestion du patrimoine de la Ville, vous en conviendrez.

C’est pourquoi nous nous abstiendrons sur cette délibération, qui montre du doigt une gestion financière peu scrupuleuse des deniers publics et une absence de politique de préservation du patrimoine de la Ville. On comprend mieux ainsi où passe l’augmentation de nos impôts.

Pour un état des lieux des conditions de travail des directeurs de crèches

Jean-François Lamour, ancien ministre, député de Paris et président du groupe UMPPA au Conseil de Paris, les conseillers UMP de Paris anciens membres de la mission d’information et d’évaluation sur la petite enfance à Paris – Delphine Bürkli, Anne-Constance Onghéna, Martine Merigot de Treigny, David Alphand, Hervé Benessiano et Jean-Baptiste Menguy, conseiller de Paris du 15e arrondissement, souhaiteraient que le maire de Paris Bertrand Delanoë et son adjoint en charge de la petite enfance, Christophe Najdovski, dressent un état des lieux des conditions de travail des directeurs de crèches, lors du Conseil de Paris du 7 février prochain.

Il faut entendre le malaise des directeurs face à la lourdeur de leurs obligations  administratives qu’ils estiment nuire à l’exercice de leur mission principale – l’accueil des enfants. Ce malaise reflète celui, plus profond encore, de l’ensemble des  personnels des crèches parisiennes, dont les conclusions de la mission d’information sur la petite enfance avaient déjà pointé les dysfonctionnements.

Jean-François Lamour estime qu’il serait utile d’étudier la possibilité d’un pool de remplacement permanent de leurs personnels, eu égard à la gestion à flux tendu à laquelle ils font face chaque jour – possibilité qui fait d’ailleurs l’objet d’une disposition dans sa proposition de loi sur la petite enfance.

L’accompagnement de l’évolution du métier de directeur de crèche doit être une priorité de l’Exécutif municipal car il en va du bien-être des familles parisiennes et d’une offre de garde de qualité.

Jean-François Lamour et les anciens membres UMP de la mission d’information sur la petite enfance à Paris recevront prochainement l’intersyndicale des directeurs de crèches.