Réforme des rythmes scolaires : vote des subventions aux associations

Intervention de Delphine Bürkli au Conseil d’arrondissement du 1er juillet.

«Ces deux délibérations sont l’illustration parfaite d’une réforme des rythmes scolaires mise en place de façon totalement précipitée, sans aucune concertation avec le personnel enseignant et les parents.

Ecole élémentaire

Précipitée et dans la confusion parce que le Maire de Paris, d’autorité et pour se montrer complaisant avec le pouvoir en place, a choisi de ne pas attendre septembre 2014 pour appliquer cette réforme, contrairement à Madame Aubry à Lille, à Monsieur Collomb à Lyon ou encore à Monsieur Ries à Strasbourg. Peut-être faudra-t-il entendre et comprendre en septembre prochain les raisons qui ont poussé plus de 90% des maires des grandes villes de France à ne pas l’appliquer avant 2014 ?

Mais, à Paris, nous sommes mis devant le fait accompli.

Alors, il faut aller vite, quitte à dépenser beaucoup plus d’argent public que prévu au départ pour recruter des milliers agents, sans aucune formation particulière, et acheter des prestations à hauteur de plus de 6 millions d’euros (!) pour animer les deux plages horaires du mardi et du vendredi entre 15h00 et 16h30.

Sur les associations retenues par la Ville, on sait finalement peu de choses. On a leur nom, on connait à peu près leurs activités, qui tournent pour beaucoup autour des jeux de société, jeux de dames, jeux d’échecs. On ne sait rien des dirigeants de ces associations. On ne sait rien sur leur affectation, dans quel arrondissement, dans quelle école, pendant combien de temps ? On ne sait pas si ces associations vont intervenir trois mois, six mois, un an dans les écoles, si elles vont gérer 30, 40 ou 70% du temps périscolaire ? Combien d’animateurs seront recrutés pour le 9e ? Avez-vous une idée précise du nombre d’enfants qui resteront à l’école après 15h00 les mardis et vendredis ? Combien d’ateliers sont à prévoir réellement ? Dans quels locaux ces activités pourront avoir lieu ?

De tout cela, on ne sait rien.

Ce que l’on sait en revanche, c’est que les associations ont été nombreuses à répondre à l’appel à projets de la Ville à la mi-mai. Ce qu’on sait moins, c’est comment les services ont pu vérifier le sérieux et la qualité de l’offre en si peu de temps ? Ce qu’on sait encore moins, c’est si toutes ces activités rentrent dans les principes éducatifs, puisque le personnel enseignant, les directeurs d’établissement ont été totalement mis à l’écart du projet ?

Ce qui manque dans tout ça, et ce qui est grave, c’est l’absence de contenu pédagogique, l’absence d’articulation entre le scolaire, l’apprentissage des fondamentaux et le périscolaire.

Parce que vous n’allez pas me dire que laisser les enfants jouer pendant 1h30 aux dames ou aux échecs, c’est de l’éducation, non c’est de la garderie !

Alors bien sûr, dans le lot, certains enfants bénéficieront d’activités plus intéressantes et plus innovantes, mais combien seront-ils ? Quelles écoles seront concernées ? Tous les enfants ne seront pas traités sur un pied d’égalité et c’est vraiment problématique.

Le problème ici, ce ne sont pas les associations, le problème, c’est l’attitude de la Ville et le passage en force du Maire de Paris et de votre majorité, pour mettre en place une réforme des rythmes scolaires sans contenu pédagogique, avec un financement bancal, avec des recrutements qui sont effectués sans que les formations ne soient prévues, sans parler de l’absence de légitimité de cette réforme qui est rejetée massivement par 80% des enseignants, des associations de parents d’élèves et les personnels de la Ville.

Pour toutes ces raisons, nous ne voterons ces deux projets de délibérations. »