Vœu sur le dispositif de regroupement des crèches

Intervention au Conseil de Paris. Décembre 2017.

Je vais faire l’explication de vote sur les deux vœux, donc pour quatre minutes. Oui, pardon, je présente les deux vœux au nom des Républicains et Indépendants.

Alors que ce dispositif de regroupement des crèches mérite d’être amélioré, c’est un fait que nous pouvons accepter et c’est un chantier que nous pouvons même aborder ensemble. En revanche, que vous décidiez arbitrairement, sans consultation, sans concertation avec les Parisiens, de fermer deux tiers des crèches de regroupement habituellement ouvertes pendant les vacances d’été et à Noël, nous y sommes farouchement opposés.

J’ai écrit à M. BLOCHE sur ce sujet, il y a quelques semaines, à l’issue du dernier conseil des parents du 9e arrondissement où ce sujet a été abordé en présence du directeur de la DFPE, pour m’émouvoir de ce sujet. Je considère que la concertation sur un sujet comme celui-ci est essentielle, et il est essentiel que vous puissiez dans les meilleurs délais réunir l’ensemble des maires pour qu’ils vous exposent les besoins des familles de leur arrondissement.

C’est bien de là qu’il faut partir, du besoin des familles. Or, puisque dans certains arrondissements vous annoncez qu’il n’y aura plus de crèches ouvertes, vous supprimez tout simplement un service public jusque-là rendu aux familles. Il faut rationaliser le groupement selon vous, soit, mais une crèche ouverte seulement pour une circonscription qui peut s’étendre, comme c’est le cas pour le 9e arrondissement, sur trois arrondissements, c’est trop peu, notamment du point de vue de l’organisation des familles.

Par ailleurs, sur la forme nous sommes en désaccord sur la sélection des familles pouvant bénéficier de ce service. Vous l’avez dit : 50 % des enfants qui fréquentaient ce service ne pourront plus y être admis ; pour la moitié restante, c’est une nouvelle procédure de sélection qui s’ouvrira.

Autrement dit, vous compliquez la vie des familles qui auront la chance de bénéficier d’une place en les contraignant à courir à l’autre bout de l’arrondissement voisin pour y déposer leur enfant. Vous rajoutez en outre une étape de sélection et le stress qui va avec.

Pour les moins chanceux, c’est-à-dire ceux qui travaillent en août sans autre alternative, qui n’ont pas de famille pour garder leurs enfants pendant cette période, c’est le système D qui prévaudra. Vous le savez, ce sont au final les mamans qui seront pénalisées. Même formulée en écriture inclusive, la suppression de ces crèches est un coup dur porté à l’égalité hommes/femmes, notamment professionnelle.

Donc nous vous demandons de vous engager à ouvrir le nombre suffisant, au moins une structure dans chaque arrondissement afin de répondre aux besoins réels des familles, au nom de la continuité du service public, et par-dessus tout au non d’un service d’accueil de la petite enfance de qualité.

Les jeunes enfants, de même que les professionnels de crèche, méritent mieux que cette prétendue innovation, qui est plutôt selon moi une dégradation de service, voire une régression du service public. Vous demandez aux unes de chambouler leur organisation et aux enfants de s’adapter à vos desiderata, au risque de les perturber. Pour nous, la crèche n’est pas un simple dépose-minute où on laisse les enfants sans les considérer.

Pour les parents du 9e arrondissement que j’ai consultés, ce projet apparaît aussi comme une double peine : non seulement ils n’ont pas la possibilité de faire partir leur enfant en vacances pendant cette période, mais en plus ils vont devoir leur faire prendre les transports pour les emmener dans le meilleur des cas dans une crèche trop éloignée de leur domicile.

Nous formons donc le vœu au groupe Républicains et Indépendants que vous reveniez sur cette décision et que vous fassiez preuve en la matière de beaucoup plus de pragmatisme.